3 yo HISTOIRE DE FRANCE. Lit. XXIII.
Section renonça. Le Parlement n’étoic pas plus traitable, il rejettoit ou limí-XIU. lo it les Edits, selon que cela convenoit à ses vues. Mazarin fit fortvaloir l’Autorité Royale, réfuta les raisons du Parlement, négocia tou-jujqïsà ) a " jours, & enfin lui accorda ce qu’il demandoit (a), Le Duc d’AnjouPëx des eut uns violente maladie, dont les plus habiles doutèrent qu’il pût re-Pyrmces. ven j r (b). 11 commençoit à être mieux, quand le Roi tomba malade,& fut attaqué de la petite vérole (c) , ce qui consterna toute la Nation.Le Cardinal négocia & fit des pré sens, mais íl ce qu’il appréhendoit fûtarrivé, il y a grande apparence que la plupart de ces ressources achetéeslui auroient manqué. Charles Prince de Galles & peu après Jaques Ducd’York, fils de l’infortuné Roi de la Grande Bretagne étoienc avec laReine leur Mere à la Cour de France, ce qui lui donnoic un air desplendeur & de magnificence, & fournit aux dateurs de ce tems-làl’occasion d’appeìler Paris faille des Princes. A Munster les affaires prirentun nouveau tour, les Plénipotentiaires Hollandois accepterent les proposi-tions des Espagnols; le Prince d’Orange, qui étoit vieux & usé de fati-gues & d’infirmìtés, ne s’oppofa plus à une Paix séparée (d). Les uns di-sent qu’il se laissa persuader par de bonnes raisons; d’autres prétendent queles Espagnols avoient gagné la Princesse à force de présens; on ajoute ,que le Cardinal Mazarin ; malgré des promesses réitérées, oublia de lui en-voyer une paire de riches boucles de diamans, ce qui la piqua fort (e).La Reine Régente, à qui l’expérience avoit appris à juger plus sainementdes affaires que par le passé, commença à appréhender la mauvaise hu-meur du Parlement, & la complaisance naturelle de son Ministre, qui al-loit vraisemblablement augmenter, parcequ’il fesoit venir d’Italie un ne-veu & trois nieces pour les établir en France; cela augmenta l’aversionque le peuple avoit pour lui, & le porta à suivre de plus en plus ce qu’ilappelloit des conseils modérés, tandis qu’il sacrifíoit les intérêts de l’fítat,& qu’il se scrvoit de l’argent arraché aux peuples pour gagner ceux quiprétendoient avoir pitié de leur misere <Sí vouloir les protéger.
Le Parie ■ L’année 1648 est la plus importante de toute la Régence, mais les évé-
míní à- nemens sont en si grand nombre A si compliqués, que pour les rendre in-'ntfre^ì' te ^&^ es > NOUS sommes obligés de changer de méthode & de commencerpa/ambi? P ar ses disputes du Parlement avec le Ministre. Ce fut dans cette conjonc-tion quep ar tnre que le Cardinal devint odieux ; il mérita dans la fuite de l’être, maiszeìepow k il sot alors respecté & triomphant. S’ii continuoit la guerre, c’étoit par-inenpuihc. ce qu*il n’osoit pas faire la paix ; les grandes taxes qu’il levoit étoient abfo-1 4 ‘ Jument nécessaires pour subvenir aux besoins de l’Ëtat ; & s’il y avoit quel-ques abus dans í’usage des Finances, c’étoit à Monsieur & au Prince deCondé qu’il falloit.s’en prendre, le premier aimant à dissiper, & le secondetant avide; tous deux prenoient ce qui leur plaiíbit. Ils se firent par làdes amis, & cela fit au Cardinal beaucoup d’ennemis. L’épuìsemenc du
(a) Mem. d’Omer Talon T. IV. (d) Négociations sécrétés de Munster
(b) Mem de Mottevilîc T. II. p. 52. T. IV. Mem. de Brienne T. II. vers la
(c) Auberi List. du Carj. Mazarin T. fin.
I- p• 3/6. (í) Mem. de Motteviile I. c.p. 403*406»