HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.
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trésor l’obligeoit d’être œconome, ce qu’on appelloit avarice, fa modes- Sectiontie pafloit pour artifice , & on attribuoit sa modération à foiblesse. Dans Xiu.le tems dont nous parlons, il ne donnoit aucun lieu à ces imputations ; il n’étoit Loutorl vnullement riche, mais industrieux & infatigable ; il donnoit de bonnesy^,^ la 'paroles à tout le monde; il ignoroit la constitution de la France, ce qui Paix desle rendoit quelquefois trop décisif, & après réflexion faite trop complai- Pyrénées,
sant. 11 devint dans la fuite, ce qu’on difoit qu’il étoit à présent; mais--
le Parlement n’étoit pas alors en situation de le contrecarrer. L’annéeprécédente ce Corps s’étoit concilié l'affection du peuple en s’oppofant àl’Edit du Tarif, qui portoit une imposition générale fur routes les denréesqui entroient dans la ville de Paris. Pour trouver de l’argent la Cour créadouze nouveaux Maîtres des Requêtes, mais les autres refusèrent de lesrecevoir, & le Parlement commença à avouer ses principes, que pendantune Minorité on ne pouvoit pas créer de nouvelles charges (a). IIsurvint de nouveaux incidens; la Cour défendit aux Chambres des’assembler, & elles ne laissèrent pas de Rassembler malgré la défense (b).
II est singulier & néanmoins très-vrai que la Reine étoit pour pren-dre des mesures vigoureuses, & le Ministre pour les voies de la douceur.
La raison n’en.est pas difficile à deviner, le dernier avoit plus à craindreque la Reine. Le premier Président étoit d’abord dans les intérêts de laCour, mais quand il eut lieu de douter d'être soutenu, il commença à re-culer, ce qui mit le Parlement en état de porter les choses plus loin (c).
Ces querelles domestiques eurent beaucoup d’influence fur les affaires étran-gères ; elle ranimèrent le courage abatu des Espagnols, encouragèrent lesHollandois à suivre leurs nouveaux principes, & empêchèrent le Ministrede continuer la guerre avec vigueur, en le mettant en même tems dansl’impuissance de faire une bonne paix générale. C’est ainsi que ceux quierioíent le plus haut étoient cause du mal dont ils se plaignoient, commeon l’a vu en d’autres Pays.
Le Maréchal de Turenne aiant rejoint au Printems les Suédois commun- j, a Coniuì -dés par Wrangel, résolut d’attaquer les impériaux, qui étoient fous les rs à Ma -ordres du Général Melander & du Duc de Wirtemberg; eux pour éviter fichai dele combat passerent le Danube;mais le Maréchal l’aiant passé auíïi à Ladfingen, les suivit avec tant de diligence, qu’il les atteignit, & battit une ]’Empereurpartie de leur Armée; le Général Melander perdit la vie dans le combat, de conclureLe Duc de Wirtemberg avec douze-cens chevaux & deux bataillons sc le Traité deposta dans un champ, où il se défendît si bien, qu’il empêcha une entiere à«/rr.défaite. On appella cette action ìa bataille de Zusmarhausen ou Summcr-haufen(d); elle se donna le 17 de Mai; les Impériaux y perdirent qua-tre mille hommes, dix pieces de canon, & la meilleure partie de leurbagage. Pour faire preuve de leur victoire les François L les Suédois
(a) Mem, de Retz T. I. L. II. Mem. (c) Les mêmes, Orner Talon 1 . c.
de Joli T. I. p. 4 Mem. d’Omer Talon (d) Renault p- m. 683. Daniel Journ.
î. IV. • Hits de Louis XI V. p. 82.
{b) Mem de Retz L c. p. 108.