SsrrioMXIII.Régné del.ouisXIVjusqu’à laPaix desPyrénées.
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m HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.
celle d’Efpagne, commandée par le Marquis de Caracene, dont les lignesétoient tirées depuis l’Oglio jusqu’au Po, Ce fut principalement par sabonne manœuvre & par son exemple quelles furent forcées le 30 de Juin,& que les Espagnols furent obligés de fe retirer avec grande perte à Cré-mone (ct). Ees Alliés, mirent le siégé devant cette ville (b) ; mais n’aiantpas assez de Troupes pour investir une Place d’une si grande étendue, &la mésintelligence s’étant mise entre les Généraux, ils surent obligés de lelever. La révolte de Naples, que le Duc de Guise avoit ménagée &conduite avec la prudence d’un habile Politique & la valeur d’un Héros,n’aboutit à rien (c) , faute du moindre secours ; le Cardinal Mazarin per-mit qu’on crût que cela venoit de son aversion pour le Duc, & des soup-çons qu’on lui attri’ouoít, pour cacher la véritable raison, qui étoit qu’iln’avoit pas les moyens de le soutenir. Le Duc aiant été fait prisonnierpar les Espagnols (d), profita habilement de ì’opinìon qu’on avoit & sauvasa vie en se déclarant ennemi de la France; on renvoya alors en Espa-gne; ausìitôt qu’il y fut arrivé, le Cardinal déclara à son tour, qu’iln’avoit rien fait que par ordre âc sous l’autorké de la Couronne deFrance, & par conséquent qu’on devoit le considérer corníhe prisonnierde guerre & non comme prisonnier d’Etat. Le Maréchal de Schom-berg commandoit en Catalogne, quoique le Cardinal par un trait d’am-bition, qui ne s’accordoit gueres avec la modération qu i! affectoit, eutdonné le titre de Viceroi au Cardinal Archevêque d’Aíx son frere, quimourut dans le tems qu’il étoit fur le point d’entrer en fonction. LeMaréchal, qui n’avoit qu’une petite Armée, investit Tortofe le 4 deJuillet, & Don Francìsco de Mello s’étant avancé au secours de la Place,ìe Maréchal sortit de ses lignes pour lui livrer bataille ; le Général Espa-gnol l’évita par ordre exprès de fa Cour. M, de Schomberg continua lesiégé, & aiant trouvé la breche praticable. il donna' l’assaut & emportala Place l’épée à la main le 10 de Juillet (s). Ce fut une action des plussanglantes, non seulement la garnison & la plupart des habitans périrent,mais on trouva morts fur la breche l’Evêque avec une demie-pique à lamain & plusieurs Prêtres ôz Religieux. La campagne finit par cetteconquête. Le Comte de Harcourt, qui savoit que le Cardinal n’aimoitpas Schomberg, dit fort généreusement à ce Ministre, que bien que Leri-da fût une Place plus forte, Tortofe étoit la plus importante des deux; &qu’il étoit fort extraordinaire que le Maréchal de Schomberg, dans descirconstances plus fâcheuses qu’aucun de ses prédécesseurs, eût par son cou-rage & par fa conduite exécuté une aussi grande entreprise, tandis que lepetit nombre d’amis qu’il avoit encore à la Cour l’auroient estimé fort heu-reux , si à la fin de l’année il eut mis le peu de Troupes qu’il commandoiten quartiers d'hiver fans perte.
Le Prince de Condé commandoit dans les Pays-Bas, aiant avec lui les
(a) lleneult p. m. 684. Abrégé Chron. Çd) Mein. de Motteville T. II. p. r 65-
de l’Hist. de France ubi sup. p. 31Í». (e) Henault p. m. 684. Abrégé Chron*
(L) Mem. du Duc de Navailles p 73. de l’Hist. de France, ubiJup.
(c) Voy. les Mem. du Duc de Guise L. V.