Zy6 HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.
Section sur les Edits du Roi. Cet Arrêt fut cassé par un Arrêt du Conseil, & o»XI11 - défendit en même tems les Assemblées, mais inutilement (a). Le 14 deLouisXiv Juillet le Parlement révoqua par un Arrêt tous les Intendans (b), & or»jusqu’à /s donna qu’on informerait de leurs malversations, & la Reine fut obligée dePaix des le confirmer par une déclaration. Le dernier du même mois le Roi alla auPyrénées. p ar i e ment tenir son lit de Justice, pour faire passer une Déclaration rem-plie de plusieurs articles ambigus, & en même tems il interdit les Assem-blées. Les Chambres se rassemblèrent le 17 d’Août au mépris de l'Au-torité Royale ; & ce fut alors que les différons Partis prirent les noms deFrondeurs & de Mazorins , qu’on s’étoit donné par forme d’injure. Le Car-dinal voyant que les voies de la douceur ne servaient ' de rien, & que lesconcessions qu’on fesoit donnaient seulement lieu à former de nouvellesprétentions, prit la résolution d’agir avec plus de vigueur. Le 26 d’Août,que le Te Deum fut chanté à Notre-Dame pour la victoire de Lens, ilfit arrêter le Président de Blancmeuil & le Conseiller Brouffel (c). Cela" mit le désordre dans Paris, bientôt les chaînes furent tendues, L l’on vitcomme du tems de la Ligue des Barricades. La Reine & toute la Courfurent dans de terribles appréhensions toute la nuit, & le lendemain la sé-dition alla si loin, que la Reine fut obligée de promettre l’élargissement desprisonniers (d). Peu après elle sortit de Paris & alla avec le Roi à Ruel,delà à Fontainebleau & enfin à Saint-Germain. Le Cardinal attribua,mais fans preuve positive, les mauvaises humeurs du Parlement á Château-neuf & à Chavigni ; il exila le premier, & fit arrêter le second qu’il en-voya au Havre de grâce ; cela ne servit qu’à exciter un nouvel orage (-).Le Parlement persista dans ses prétentions & les porta plus loin ; à laCour il y avoit une infinité d’intrigues & peu de sincérité. Le Duc d’Or-léans & le Prince de Coudé amusaient la Reine par de belles promesses ,làns lui donner aucun secours effectif. Le Cardinal fut obligé de mettreChavigni en liberté (/). Le Parlement manqua son objet, & traita leMinistre comme Tunique auteur des troubles, tandis qu’il y avoit lemoins de part, & qu’il étoit plus porté à un accommodement que per-sonne. II exclut le Cardinal des Conférences qu’on tint, & ce fut néan-moins par son avis que tout fut accommodé par la Déclaration du Roi du24 d’Octobre (g) , qui fut vérifiée par le Parlement. Par cette Déclara-tion le Roi remettait dix millions des Tailles, deux millions des Droitsd’entrée, & ce qui étoit bien plus important, on statua,qu’on ne pourraittenir personne, même particulier du Royaume, en prison plus de troisjours fans Tinterroger. La Cour pour se faire des créatures distribuait li-béralement les titres. Le Duché de Rohan fut rétabli en faveur de M.Chabot, qui en avoit épousé Théritiere. La Terre de Coeuvres fut érigéeen Duché - Pairie fous le nom d’Estrées, en faveur du Maréchal de ce nom.
Çc) fies mêmes, P. 119. Mein. deJîrienna T. Ill p. 12. Mem. de Joli T.1. p. 12, 16.
(a) Mem. de Retz T. I. p. 10 6 & fuiv.(i>j Les mêmes p. m.
(d) Mem. de Joli T. I. p, 22. Mem. dSRetz T. I. L. 1 t.
(e) Mem. de Retz /. c. p. 153.
if) Mem. d’Omer Talon T. V. & al.(SJ Mem. de Retz ubi Jup. p. 165.