HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIÏL g 973Le Comté de Guìche fut aussi érigé en Duché - Pairie sous le nom de SncTionGrammont, de même que le Comté de Trefmes fous le nom de Gesvres XHi,(a). On ramena par la crainte l’Abbé de la Riviere , qui gouvernoit ^uisXiv'le Duc d’Orléans, & qui étoit fort piqué de n avoir pas Je chapeau de jusqu'k u 'Cardinal qui lui avoir été promis (b) ; tout parut donc pacifié à la fin Paix desde l’année, bien qu’il n’y eût presque personne de content; car quanddes Zens fans mérite s'élevent, ils ne font jamais contens des places qu’ilsoccupent, parcequ’ii est aussi naturel qu’ils restent dans la bassesse, que dé-monter si haut.
Ce calme artificiel ne dura pas longtems ; le Parlement, fous prétexte L- ParU -des contraventions faites à la derniere Déclaration, reprit ses Assemblées t meut dècla--& tout s’y conduisit comme auparavant. La plupart ne favoient ni par rc li c f di ~qui, ni par quel esprit ils étoient menés; quantité de Grands Seigneursétoient mécontens ; ils vouloient avoir du pouvoir, des Places où ils pussent du repos pu .faire les Maîtres, & de gros appointemens; & nonobstant ces vues parti- bile e? en-culieres ils suggéraient à leurs partisans de vanter hautement leur zeìe pour nemi dule bien public. La Reine s’appercevoit bien des dispositions du Parlement,
& sôupçonnoit les auteurs de ces dissensions ; mais elle ne soupçonnoit pasqu’ils fussent en austi grand nombre, ni d’une qualité auiíì distinguée, qu’ilparut par la fuite. Elle fit part de ses appréhensions au Duc d’Orléansau Prince de Condé, leur fit sentir que l’Etat soustrait, & que le Roi,elle-même & la Far Ille Royale n’étoient pas en fureté à Paris, nonob-stant toute la condescendance qu’elle avoit eue à leur réquisition. II fut-donc résolu de se retirer ou plutôt de s’échaper pour aller à Saint-Germain, ce qui s’exécuta le 6 de Janvier à quatre heures du matin (c )..
Les Parisiens furent fort étonnés du départ de la Famille Royale & desPrinces; mais bientôt la crainte leur inspira du courage. Le 8, le Par-lement déclara par un Arrêt solemnel le Cardinal Mazarin perturbateur durepos public & ennemi du Royaume (d). Dans cette conjoncture lesChefs cachés furent obligés de se déclarer, le Prince de Conti, les Ducsde Beaufort, de Longueville , de Bouillon & de la Rochefoucault avectous leurs amis offrirent leurs services au Parlement. Le Prince de Contifut déclaré Généralissime, & les Ducs d’Elbœuf, de Bouillon & le Maré-chal de la Mothe-Houdancourt Lieutenant-Généraux. Mais l’ame duParti étoit le Coadjuteur de Paris, si fameux depuis fous le nom de Cardi-nal de Retz, homme d’un génie supérieur, mais qui avoit de grands vices.
Le Parlement se cottisa pour lever une Armée, & dans l’eípace de cinqou six semaines on leva & dissipa dix fois autant d’argent, que le montantdes impôts, qui avoient donné naissance à ces troubles,ou pour mieux direservi de prétexte à ces querelles (<?). Le Prince de Condé bloqua Parisavec une Armée de six ou sept mille hommes ; & quoiqu’on n’y manquât
(a) Etat de la France T. II. p. 307-Z09. (d) Les mêmes, p. 195. Mem. de Joli
Uenault p m. 688. T. I. p. 33 , 39<
(b') Mein, de la Rochefoucault p. m. 51 OO Mem, d’Oiner Talon T. V. Mem.k fuiv. de Motteville T. III.
(c) Mem. de Retz T. I. p. 171.
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