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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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39 8 HISTOIRE DE FRANCE Liv. XXIII.

Section pas absolument de vivres, il ne sen fallut gueres. Le Prince de ContïTúì. p ouï relever le courage des Parisiens, sempara ds Charenton & y mit troisìi-egne * m j]j e hommes. Le Prince de Condé pour leur faire sentir leur foiblesse fitf° ui ? á x * v -antaquer ce poste par le Duc de Chatillon avec une poignée de monde; leDuc semporta aprës quelque résistance, mais il eut le malheur dêtre blesséïymiées. à mort (a) , 6c mourut, laissant après lui une meilleure réputation qu'au-

-cun des gens de íà qualité, Au signai donné par Paris, dautres Parlemens

& dautres Provinces se révoltèrent, deforte que tout le Royaume étoiten combustion. On a écrit-deísus des volumes entiers, & nous sommesobligés de nous borner à quelques lignes. Toute la conduite des Mécon*tens fut extravagante & ridicule ; leurs Troupes furent battues toutes lesfois quelles combattirent; ils refusèrent de recevoir un Héraut que le Roileur envoya (b); ils donnèrent audience à un Moine, qui prit la qualitédAgent dEípagne ; iis recherchèrent bien loin le secours des ennemis dé-clarés de iEtat ôc négligèrent ce quíls avoient en leur pouvoir. Silsavoient suivi le conseil du Duc de Bouillon, la seule bonne tête qui! y eûtparmi eux, & quiîs eussent envoyé le quart de Purgent quils avoient amasséà son frere le Maréchal de Turenne, quil avoit gagné, il auroit pu ame-ner P Armée dAllemagne à leur secours; & faute de cela ils furent obligésde faire la Pais, à quoi la Cour étoit fort portée.

Noble pro- On convint de saiTembler à Rue! ; le Parlement, les Princes & lacédé du Pn- v i]] e de Paris y envoyerent leurs Députés ; ceux du Roi furent le Ducmur Prési- ^Q r ]é anS} i e Prince de Condé, le Cardinal, le Chancelier, le Maréchalclnchlfion de la Mei'leraye, P Abbé de la Riviere, M. ie Tellier & le Comte detíe la Faix. Brienne ( c ). La négociation fut plusieurs fois fur le point de fe rom-pre ; les Députés étoient dans de grandes appréhensions , sils ne sentenoient pas à la rigueur à leurs instructions ; le Prince de Condé fut extrê-mement vif; piqué de la haine que les Parisiens avoient fait paroitrecontre lui, il se conduisit de façon à se faire haïr davantage. Laccom-modement fut signé le n de Mars (d); mais ce ne fut quà la findu mois, que le Parlement 6c le Peuple y consentirent 6c le confirmè-rent. Le Premier Président Matthieu Molé acquit une gloire immortelle.Ses Collègues fe fesoient une peine de signer à Ruel, mais lui prenantla plume dit Ceít pour le bien public, il faut nous risquer Il fitparoitre à son retour la même intrépidité contre les ennemis de la paixparmi les Princes 6c dans le Parlement ; 6c après y avoir couru de grandsrisques, il refusa de se retirer secrètement 6c de se cacher au Peuple.La populace respecta sa vertu; & son courage 6c sa prudence sauvèrentla Capitale & le Royaume. Aucun des Partis neut satisfaction par le Trai- ; le Parlement demeura en liberté de «'assembler; ce que la Cour avoitvoulu empêcher, & la Cour conserva son Ministre, dont le Parlement &le Peuple avoient demandé léloignement. On accorda une Amnistie géné-rale , & de cette façon la tranquillité se rétablit pour le présent, sans que

(d) Metn. de Retz iïeifap. p. 319, 320.

Flenauit p. m. 689.

(a) Mem. de Retz l. c. p. 231.

(I) Lts mêmes, p- 233-236.

fvleia. ( 3 e Brienne T. 111 . p. 38.