4oo HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIIÎ.
Ssctiok Harcourt leva le siégé le 3 de juillet. Quelque teins après le Cardinal Ma-XIII. zarin vint à l'Armée, non fans quelque appréhension; il fut néanmoins<k mieux reçu qu’il ne i’ayoit espéré, & on lui rendit les mêmes honneursfuihu'à la ' qu'on avoit fait autrefois au Cardinal de Richelieu, ce dont il fut fort fatis-Paix des fait (a). L’Armée prit ensuite Condé & quelques autres petites Places, quiPyrénées. n e valoient pas la peine d’être gardées, & vers ia fin d’Août ou au com-
--rnencement de Septembre la campagne finit (n). Les affaires tournèrent
assez mal en Àtaiie ; le Duc de Mode:; 2 íiit contraint de se raccommoderavec les Espagnols, (k de subir lea conditions qu’ils voulurent lui prescrire( 0 * En Catalogne Don J"an de Garai commandcit pour le Roi Catholi-que ; ii se rendit maître de Constsntine â d'autres Places ; il menaça mêmeBarcelone d’un siégé, mais M. de Marsin sauva cette ville, bien qu’il fûthors d’état de faire d’aîileurs r en (d).
Retour de Après avoir tenu la Cour sn mou, vers.pt ptr.dsnt tout l’Sté, íe Cardinalla Cour à revint à Paris avec leurs Majesté; au mois d’Août, non fans quelque appré-Paris , 6? heníion (s). Ses Partisans avoieet fait courir le bruit que le Roi étoit revenusymptômes P ar son conseil, ,ce qui fit qu'on le reçut avec satisfaction & même avec'de «««- joie. Mais ce retor: ne finit point ìes troubles.; la Reine n’étoit nullementveaux troM. contente d’être obligée de fe contraindre & de dstfimuler, en recevant bienles " ceux qui le méritoìent le moins ot en accordant des grâces à des gens quidévoient s’estimer heureux d’être échapés au châtiment dont ils étoientdignes. Le Duc d’Oiieans ne put résister à la tentation de se rendre po-pulaire , ni ie Prince de Condé aux sollicitations continuelles de la Duchessede Longuevilie fa sœur. Le Cardinal Mazarin pensa alors à prendre d'au-tres mesures, & n’siant pu gagner l’estime des François par son mérite, ilchercha à établir sa fortune,à faire des alliances, & à se venger du pillagede sa Maison & de ia dissipation de sa Bibliothèque, en les dépouillant& en opprimant leur liberté, ce qui n’ávoit point été d'abord son in-tention. II ne s’occupa donc plus que dé son propre intérêt, & commei! étoit plus maître de fes passions, & plus habile en intrigue que per-sonne , il n’est pas surprenant qu’il ait réuffi dans un teins d’intrigues.Cependant l’Etat, le Gouvernement & la Famille Royale souffroient ex-trêmement. La guerre se fesoic avec désavantagé par tout, & il y avoitmoins d espérance que jamais de faire une bonne paix. Les Frondeursse forcifioient, les coffres étoient vuides*, le peuple n’étoit point sou-lagé , la Maison, du Roi retranchée en grande partie, faute, d’argent pourl'entretenir, & tandis que les Particuliers acquéraient des titres, du crédit& des richesses parleurs crimes, le Public, qui payoit tout, étoit fur lepenchant de fa ruine ; chose d’autant plus croyable, quelle est arrivéeailleurs.
La Reine Toutes ces intrigues sourdes, qui étoient devenues à la mode,A avoientfait arrêter banni de la Cour îa candeur & la droiture, produisirent au commence-
ies primes ^
(a) Les mêmes, p. 300. (d) Le même, p. 356.
(b) Les mêmes, p. 304. («> Mem. de Joli ubi fup. p. 60. Me®.
(c) Abrégé Chrou. de l’Hist. de Fiance de Retz T. il. p. 12.
T. XII. p. 357 -