HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXTIT. 4oi
ment de l’anne'e 1650 une subite & grande révolution à la Cour. Le Prince sectio»
. de Condé fier de ses grands services traita tout le monde avec tant de hau- xni.teur, que malgré son crédit, il perdit insensiblement l’affection & l’estime Régné dequ’on avoit pour lui. II s’étoit mis dans l’esprk de se rendre maître abso-lu, dans un tems & dans un Pays, où l’autorité légitime bien loin de ÍQpaix desfaire obéir, avoit de la peine à se faire respecter. La maniéré dont il fit Pyrénées.
paroitre ses sentimens, fit que tous les Partis se liguèrent contre lui. II --;
avoit, dit-on, excité un nommé Jersai à faire une déclaration d’amour à &^s?arì-la Reine (a) & lui accorda sa protection, quoique banni de la Cour pource sujet. ■ II traversa le mariage de la niece du Cardinal dans la Maison de 1650.Vendôme, parcequ’il crut que le Ministre vouloit se passer de lui (Jj),
Dans ces entrefaites, le Prince prétendit qu’on avoit voulu l’assaffiner ; ilen accusa les Frondeurs, & les poursuivit fi vivement au Parlement, qu’ilss’apperçurent que leur fureté demandoit fa perte. La Reine & le Cardinals’aboucherent avec le Coadjuteur par l'entremise de Me de Chevreusc, &ils conclurent dans leurs Conférences lemprisonnement des Princes,- on ga-gna le Duc d’Orléans, & on obtint même de luid’éloigner l’Abbé de la Ri-vière son ancien Favori, de peur qu’il ne révélât le secret. Les mesuresainsi prises; le Prince de Condé,le Prince de Conti & le Duc de Longue-ville furent arrêtés au Conseil ( c ) le r8 de Janvier, & conduits tous troisau Bois de Vincennes. Le peuple de Paris fit des feux de joie, après s’êtresoulevé à l’occasion de l’arrêt de BrousseI,- celui-ci fut alors bien venu de laReine, & on confirma le gouvernement de la Bastille à son fils. LaDuchesse de Longuevilie s'échapa & se sauva en Normandie (d). LeDuc de Bouillon se retira à Turenne, & le Maréchal son frere sejettadans Stenai, où il rassembla quelques amis & Serviteurs des Princes dcentra en négociation avec les Espagnols (s). Cette étrange union de laCour avec les Frondeurs obligea le Cardinal d’ôter les Sceaux au Chan-celier Seguier, son meilleur ami & fidele Serviteur de la Reine, pourles donner à Chateauneuf (/). ÇHiand on lui demanda les Sceaux, il ditque comme on les lui ôtoit fans sujet, il les remettoìt sans peine.
L’emprisonnement des Princes alluma une nouvelle guerre civile, Soulève -avant que f autre fût bien éteinte. La Duchesse de Longuevilie tâcha mens ende soulever la Normandie (g). Les amis du Prince avoient pris les ar- Normandie,mes en Bourgogne, & la Gutenne en conséquence d une Déclaration duParlement étoit encore soulevée, depuis les derniers troubles. La Cour oà?-/"commença par la Normandie; la feule présence du Roi y rétablit l’ordre bientôt ap -& la Duchesse de Longuevilie fut obligée de s’embarquer & de passer en prisés.Hollande, delà elle revint à Stenai auprès du Maréchal de Turenne, &ïiant trouvé moyen de réunir la révolte sous un chef, elle eut le courage
(a) Mciu. de Retz T. II. p. 53. Mem. m. 66 .
de Joli T. I. p. 61. 0 ) Mem de Retz uhi sup p. 60, 61.
(b) Mem. de Tavannes, p. 13. Henaultp. m. 692.
(c) Mem. de Brienne T. II!. p. 71. çf) Mem, de Retz l. c. p. 76. HemultMein. de Joli l. c. p. 83. Mem. de Retz ubi íup.
U Usup. p. 59 - (g) Mem. de Tavannesp. 36. Mem. de
(d) Mem. de la Duchesse de Nemours p. Retz L c. p. 61.
Tome XXXI. Lee