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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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4 HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.

Section ss aller par terre à Bourdeaux, le Duc de Bouillon & son autre admira»HH- teur le Prince de Marfillac devenu Duc de la Rochefoucault & la Princes-Louis XlV. de Condé avoient été reçus ; elle eut le bonheur darriver, quoiquellejufyùà la ' eût été une fois arrêtée en chemin. Les troubles furent bientôt appai-Paix des lez en Bourgogne, fans quil y eût beaucoup de sang répandu. BienPyrénées. q ue ce la procurât quelque satisfaction au Ministre, fa joie étoit fort trou*blée par la nécessité il étoit dêtre éloigné de Paris, il avoit laissé leDuc d'Orléans entre les mains des Frondeurs, quoiquils eussent concouruà la prison des Princes, ils négocioient avec le Duc leur réconciliation aveceux pour perdre le Cardinal. Dans cette dangereuse situation, Mazarin fitpartir la Cour pour Bourdeaux, afin que la présence du Roi encourageâtla petite Armée que commandoit le Maréchal de la Meilleraye ; aussi réus-sit-il dans son dessein, car malgré les courageux efforts des Ducs de Bouil-lon & de la Rochefoucault, les Royalistes gagnèrent tous les jours du ter-rein, & le Cardinal offrant des conditions plus avantageuses quon ne de-voir espérer, le Parlement de Bourdeaux ne voulut pas se sacrifier & leshabitans de la ville aux intérêts ou aux caprices de ces Seigneurs. Aussitôtque ceux-ci sen apperçurent ils prirent part.au Traité, & firent leurs con-ditions; ils allerent avec la Princesse de Condé & le DucdEnguien son filsrendre leurs respects à la Reine & eurent plusieurs Conférences avec leCardinal, qui allarmerent extrêmement les Frondeurs à Paris (a).

Le Cardì- En retournant à cette Capitale, la Reine tomba malade, principalementminehijje du chagrin que lui avoit cause la mauvaise réception quon lui avoit faite àpas d'ttre Bourdeaux, nonobstant lamnistie générale quelle avoit accordée à toussortir % ceux qui avoient eu part à la révolte. Son indisposition (b) augmenta,Paris. non seulement par les incommodités du voyage , qui ne pouvoient êtregueres plus grandes, mais aussi par le déplaisir quelle avoit de voir queles Espagnols soutenoient ses sujets rebelles, & portoient la guerre dansle coeur du Royaume, comme le feu Roi & elle - même lavoient fait chezeux ; ce quil y avoit de plus fâcheux encore cest quils le fefoient avectant de succès, quelle trouvoit aussi peu de respect de soumission dansla Capitale, quelle avoit fait à Bourdeaux. Le Cardinal ne fut pas mieuxtraité, & même plus mal encore. Les Frondeurs avoient presque entiere-ment gagné le Duc dOrléans, & traitoient en même tems avec les Princesdu mariage du Prince de Conti avec la fille de la Duchesse de Chevreuse(r); car les intrigues de quelques Dames communient dêtre les véritablessources des troubles qui agítoient le Royaume. Le Duc dOrléans, le Gar-de des Sceaux ,1e Coadjuteur, & les autres témoignoient toujours de grandségards pour le Ministre; il les payoit en même monnoye, nignorant pasleurs scntimens, non plus que ceux du Duc de Bsapfort ; quoiquil eût faitavoir au Duc de Vendôme son pere la cha r ge de Surintendant des Mers,dont la Reine avoit donné íâ démission en fa faveur, avec la survivanceau Duc lui - même ; mais Beaufort ne put se résoudre à être recoanoissint

(a) Mem. de la Rochefoucault p. m. x (b) Mem.de Brienne T. III p. 84, 87 *138, 13 9 - Mein. ds Retz T. II. p. 84. CO Mem. de Joli T. I. p. 90.