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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. 403

en cessant d’être populaire (a). Dans cette conjoncture, le Cardinal prit Sectionla résolution de quitter Paris & la Cour pour aller en Champagne à l'Ar- xm.mée du Maréchal du Pleísis-Praflin,afin de ranimer le courage des Trou* dcpes & de mortifier les mécontens, qui avoient donné des marques visibles juídìc^^'de satisfaction. Comme le Maréchal de Turenne s’étoit avancé assez près Paix de*de Paris, on avoit jugé à-propos de transférer les Princes au Havre de Pyrénées.

Grâce; ainsi il y a lieu de penser, que le Cardinal jugea qu’il seroít plus ---

en fureté au milieu d’une Armée, commandée par un Général à qui il pou*volt se fier, que dans une ville pleine d’intrigues, & où tous ceux qui yavoient part étoient capables de tout ce qui pouvoit contribuer à l’avance-ment de leurs intérêts. Mais avant que de parler des événemens qui suivi-rent son arrivée dans l’Armée du Maréchal, il faut dire un mot de ce quise passa pendant la campagne de cette année.

Les troubles domestiques en France étant auflì grands, il est aisé de Disgrâcescomprendre, qu’on ne pouvoit envoyer par tout les secours nécessaires, & en Italie Çfpar conséquent que les Armées qui étoient les plus éloignées soussroient le en 9 l íûí ®'plus. En Italie Portolongone se rendit aux Espagnols le 15 d’Août aprèsun siégé de quarante - sept jours (b). Les affaires allerent encore plus mal Espagnols &en Catalogne ; le Duc de Mercœur, qui avoit la qualité de Viceroi, aiant Rketd.fait arrêter le Comte de Marsin, qui cabaloit en faveur du Prince de Cou-dé , se rendit maître de Salces ; mais les Espagnols lui firent bientôt sentirleur supériorité, en prenant Flix, Tortose, Balaguier & d’autres Places(c). En Lorraine, le Comte de Ligneville reprit plusieurs Places pour leDuc (d ), mais à la fin il fut battu par le Marquis de la Ferté Senneterre.

Ce qui fut le plus embarrassant, c’est l’attaque que fit du côté de la Cham-pagne l’Armée Espagnole, commandée par l’Archiduc Léopold, le Mar-quis de Fuensaldagne & le Maréchal de Turenne, qui par ses intrigues setrouva réduit à servir en qualité de Lieutenant-Général parmi des Etran-gers contre la Couronne de France, après tous les honneurs dont il avoitété comblé. Cette Armée prit le Catelet le 15 de Juin; lArchiduc assiégeaalors Guise, mais le Maréchal du Pleífis-Praílin lui fit lever le siégé lepremier de Juillet. M. de Turenne ne laissa pas de prendre la Capelle le3 d’Août (e) : il s’avança alors avec quatre mille chevaux vers le Châteaude Vincennes pour délivrer les Princes, & il auroic réussi suivant les ap-parences; si on ne l’avoit trahi. Monzon ou Mouzon se rendit aux Espa-gnols le 6 de Novembre. Le Maréchal duPlelsis-Praílin couvroit Rheims,avec son Armée, qui n’étoit que de quinze mille hommes (/). Quand leCardinal Mazarin y arriva, le Maréchal s’étoit déterminé à faire le siégéde Rhetel. Comme c’étoit un homme singulier, il laissa le Cardinal : àla Cour il étoit civil mais réservé, de difficile accès & fort œaonome ;dans le camp ce n’étoit plus le même, il avoit trois ou quatre tables,vivoit familièrement avec les Officiers & avoit grand soin des soldats.

(a) Mem. de Retz T. II. L. III. (d) Metn. de Beauvau, p. 99.

(£) Henault p. m. 6yz. Abrégé Cbron. ( e ) Hcnault & Abrégé Chron ulrìsup-de l’Hist* de France T. XII. p. 374. (/) Mem. de Puysegur, p. 308, 30p.

(c) Les mêmes.

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