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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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404 HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.

Section li avoit apporté de Paris des souliers & de bons surtouts, quil leur fefoicXI11 - distribuer, & très-souvent quelque argent. Rhetel se rendit le 13 de De-LouisXlV membre. La saison étant fort rude, iArmée se mit en quartiers dans lesjusqu à la ' villages des environs le 14. Les ennemis, commandés par dEstevan dePdx dts Gomara & le Maréchal de Turenne, lattaquerent le lendemain, Sc aprèsPyrénées. une action fort vive furent battus ( a). M. de Turenne eut bien de lapeine à se sauver dans un bois ; les Espagnols perdirent quatre mille hom-mes avec quelques - uns de leurs meilleurs Officiers, huit pieces de canon& plusieurs Etendards Sc Drapeaux ; Don Estevan fut fait prisonnier (b).On auroit cru que cette victoire remportée au moins sous les yeux duMinistre devoir lui faire honneur, même parmi les Parisiens ; cependantà son retour il les trouva généralement indisposés contre lui ; bien quonchantât le Te Deum , il ny eut gueres de réjouissances quau Palais Royal.Ze Cardi - Lannée 1651 commença par de nouveaux troubles. Le Duc dOrléansm lest con- ne pouvoit se passer de Favori, & quoiquil eut plus de sens que ceux entraintde qni il se consioit & quil exécutât même fort bien leurs mauvais desseins, illi première ne vouloit jamais agir fans consulter, & se fier à lui-même pour ses pro-foìs du prés intérêts. 11 aimoit lautorité & affectoit ^indépendance; il avoit enRoyaume. ce teras . presque tout ce quil pouvoit souhaiter ; il auroit pu le conser-1651. ver A rendre la tranquillité à la France, si en sunissant de bonne-foi avecla Reine & le Ministre, il avoit demandé décisivement que le Roi épou-sât Mademoiselle. 11 est vrai que la Reine ny étoit pas portée, mais leCardinal croyoit ce mariage avantageux, si on pouvoit engager le Duc àêtrefferme. Mais il étoit alors entre les mains du Coadjuteur, qui voyantque le Cardinal navoit pas envie de lui procurer le chapeau rouge, poussale Duc dOrléans à assurer son autorité par une autre voie. La plus grandepartie du Parlement vouloit la liberté des Princes ; la Duchesse de Chevreu-se avoit négocié avec. le Duc dOrléans, & avoit proposé trois articles,que le Duc dEnguien épouseroit la seconde fille de Monsieur ; le Princede Conti la sienne, óc quon feroit M. de Ghâteauneuf Premier Ministre.Avec tout cela ce Parti- même étoit plus porté à se lier avec le Cardinal,qui ignoroit absolument lintrigue. Le Duc de la Rochefoucault conférasouvent avec ce Ministre, lui fit connoitre en termes obscurs le risquequil couroit, & le pressa de se mettre à couvert en donnant la liberté auxPrinces (c). On napperçoit point dans aucun des Mémoires de ce tems- que la conduite du Cardinal dans cette occasion ait été celle dun habilePolitique. II raffina si fort & retarda tant quà la fin tous les Partis se li-guèrent contre lui, & lattaquerent si vertement, quil fut obligé de se re-tirer. II est vrai que MM. dAumont, de la Ferté-Imbault, appeilé leMaréchal dEtampes, & la Ferté-Senneterre, à qui il avoit fait donner,aussi bien quau Comte de Grancey, le bâton de Maréchal après la bataillede Rhetel, rassurèrent de leur attachement & de leur estime; mais il nosapenser à exciter une guerre civile dans la Capitale de France. Le 6 de

(a) Mem. de Brienne l. c. p. 86. Mein, . (c) Mein. de la Rochefoucault, p. w»ie Retz ubi fup. p. r6r. 143, 144.

(p) Mem. de Retz l. c.