422 HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.
Sectioh ìe Prince de Condé de dessein, tandis qu’elle dissipa la frayeur dans l’Ar-X111 - mée Françoise, en voiant le peu de précaution que ie Maréchal prenoitfoukVÍv dans une occasion si urgente (a).
jufqu’à la ' Les ennemis dirigèrent leur marche pour aller assiéger Condé, & Tu-Fays des renne pénétrant leur dessein , envoya mille chevaux, avec chacun unPyrénées. f ac de blé en croupe, pour avitailler la Place. En un mot toute la con-TCT"C duite du Maréchal dans cette malheureuse affaire , excita l’admiration deCondé & de toUte Europe, & fut peut-être ie plus grand coup de maître qu’il ait faitk Capelie. dans fa vie. Tous les Historiens François en parlent comme de quelquechose de surnaturel, ôt le Roi fut si charmé de ce qu’il avoit fait au Ques-noi, qu’il chargea le Tellier de remercier le Maréchal d’avoir rétablil’honneur de ses armes après une si malheureuse défaite. Id ne put néan-moins sauver Condé, tout ce qu’il put faire fut de tâcher d’en retarder laprise, de gagner du tems pour rafraîchir ses Troupes, & de se dédomma-ger de cette perte par la re'duction de la CapelJe, à la vue dune Arméesepérieure; C’étoìt peut-être la premiere fois , dit de Voltaire (b ), qu unearmée battue avoit ojè faire un fiege. Le Prince de Condé & Don Juan,qui après la reddition de Condé avoient mis le siégé devant Saint Guìllain,le leverent pour aller au secours de la Capelie. Ils s’avancerent jufqu’à unelieue du camp des François ; mais leur Infanterie se trouva si fatiguée dela marche, & d’une grosse pluie qu’il avoit fait tout le jour, qu’ils reliè-rent deux jours à la vue du camp de Turenne, fans en venir au combat ;L il battit en attendant la Place si furieusement qu’elle fe rendit. II fitd’abord réparer les brèches, & y aiant laissé une bonne garnison , il jectapromptement du secours dans Saint Guillain, avant le retour des ennemis.Ce fut par là que finit la campagne, les deux Armées se bornèrent às’observer l’une l’autre, & à rendre inutiles par leurs divers mouve-mens les entreprises que chacune formoit. La gloire de Turenne étoitmontée au plus haut point par l’affaire de Valenciennes ; il avoit réparécette défaite, rallenti l'ardeur du grand Condé, surpris à la Capelie les ma-gasins d’une Armée victorieuse, <k obligé un des plus grands Généraux,fier d’une victoire de fe retirer devant lui, dans le tems qu’il le pour-fuivoit.
La Fronde Dans ces entrefaites, le Duc d’Orléans, qui s etoit accommodé avec leanéantie. Cardinal, vint à la Cour. Après avoir resté huit jours à Compiegne avecle Roi & son Eminence, il fe retira à Blois, où il passa le reste defes jours en repos , en sorte qu’il ne resta plus ni trace ni vestige de laFronde. Le Roi avoit pardonné au Duc d’Oriéans, au Prince de Conti &à la Duchesse de Longueville: Ie Prince de Condé pouvoit être considérécomme un Général de l’Espagne, & le Cardinal de Retz s’étant sauvéde prison erroit dans l’Europe.
Campagne An commencement de l’année 1657, Mazarin prit des liaisons plus étroi-te Fuatr avec Cromwel, & conclut une alliance offensive & défensive contre
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^ (a) Htnault p. M. 707. Siecle de Louis Turenne p. 292.
XIV. T. I- Ch. 5. p. w. 101. Vie de (b) Siecle de Louis XIV, uíisup.