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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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422 HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.

Sectioh ìe Prince de Condé de dessein, tandis quelle dissipa la frayeur dans lAr-X111 - mée Françoise, en voiant le peu de précaution que ie Maréchal prenoitfoukVÍv dans une occasion si urgente (a).

jufquà la ' Les ennemis dirigèrent leur marche pour aller assiéger Condé, & Tu-Fays des renne pénétrant leur dessein , envoya mille chevaux, avec chacun unPyrénées. f ac de blé en croupe, pour avitailler la Place. En un mot toute la con-TCT"C duite du Maréchal dans cette malheureuse affaire , excita ladmiration deCondé & de toUte Europe, & fut peut-être ie plus grand coup de maître quil ait faitk Capelie. dans fa vie. Tous les Historiens François en parlent comme de quelquechose de surnaturel, ôt le Roi fut si charmé de ce quil avoit fait au Ques-noi, quil chargea le Tellier de remercier le Maréchal davoir rétablilhonneur de ses armes après une si malheureuse défaite. Id ne put néan-moins sauver Condé, tout ce quil put faire fut de tâcher den retarder laprise, de gagner du tems pour rafraîchir ses Troupes, & de se dédomma-ger de cette perte par la re'duction de la CapelJe, à la vue dune Arméesepérieure; Cétoìt peut-être la premiere fois , dit de Voltaire (b ), qu unearmée battue avoit ojè faire un fiege. Le Prince de Condé & Don Juan,qui après la reddition de Condé avoient mis le siégé devant Saint Guìllain,le leverent pour aller au secours de la Capelie. Ils savancerent jufquà unelieue du camp des François ; mais leur Infanterie se trouva si fatiguée dela marche, & dune grosse pluie quil avoit fait tout le jour, quils reliè-rent deux jours à la vue du camp de Turenne, fans en venir au combat ;L il battit en attendant la Place si furieusement quelle fe rendit. II fitdabord réparer les brèches, & y aiant laissé une bonne garnison , il jectapromptement du secours dans Saint Guillain, avant le retour des ennemis.Ce fut par que finit la campagne, les deux Armées se bornèrent àsobserver lune lautre, & à rendre inutiles par leurs divers mouve-mens les entreprises que chacune formoit. La gloire de Turenne étoitmontée au plus haut point par laffaire de Valenciennes ; il avoit réparécette défaite, rallenti l'ardeur du grand Condé, surpris à la Capelie les ma-gasins dune Armée victorieuse, <k obligé un des plus grands Généraux,fier dune victoire de fe retirer devant lui, dans le tems quil le pour-fuivoit.

La Fronde Dans ces entrefaites, le Duc dOrléans, qui s etoit accommodé avec leanéantie. Cardinal, vint à la Cour. Après avoir resté huit jours à Compiegne avecle Roi & son Eminence, il fe retira à Blois, il passa le reste defes jours en repos , en sorte quil ne resta plus ni trace ni vestige de laFronde. Le Roi avoit pardonné au Duc dOriéans, au Prince de Conti &à la Duchesse de Longueville: Ie Prince de Condé pouvoit être considérécomme un Général de lEspagne, & le Cardinal de Retz sétant sauvéde prison erroit dans lEurope.

Campagne An commencement de lannée 1657, Mazarin prit des liaisons plus étroi-te Fuatr avec Cromwel, & conclut une alliance offensive & défensive contre

ares

^ (a) Htnault p. M. 707. Siecle de Louis Turenne p. 292.

XIV. T. I- Ch. 5. p. w. 101. Vie de (b) Siecle de Louis XIV, uíisup.