HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.
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l’Espagne entre la Couronne de France & la République d’Angleterre. Le SectiomC ardinal s’empressa à réparer les pertes de Tannée précédente, & travailla -XUi.à mettre T Armée du Roi en étatd’entreprendre quelque chose d’important.
Cromwel avoit promis par le Traité d’envoyer six mille hommes de pied jusqu 3 à iaen Flandres, à condition que les François tenteroient de prendre Mardyk, Paix dtsGravelines ou Dunquerque, & lui remet traient celle de ces Places qui se- Pr mées -roit la premiere conquise. Le Maréchal deTurenne n’entra en campagne “ '
qu’au mois de Mai, & s’appercevaut que les Anglais ne se pressoientpoint, & que les Espagnols étoient occupés à pourvoir bien à la défensede leurs villes maritimes, il projetta de surprendre Cambrai. Pour cacherce dessein, le Roi vint à Montreuil, ce qui pouvoir faire croire aux en-nemis que son Armée devoir agir principalement le long des côtes. LeMaréchal de la Ferté avoit eu ordre de s’avancer fur les frontières, pourfermer le passage aux Troupes Espagnols, qui étoient dans le Luxembourg,la Gueldre, le Pays de Juliers & le Brabant. Turenne partit des environsde Bethune avec fa cavalerie, & en moins de deux jours arriva à la vuede Cambrai, qu’il investit le lendemain, lorsque son infanterie Teut joint.
II comptait que le Maréchal de la Ferté fermeroit le passage au Prince deCondé, & se trompa. Le Prince aiant passé la Meuse , marcha avec sacavalerie à Valenciennes, & arriva à Bouchain le jour même que M. deTurenne investit Cambrai. Vers les onze heures de nuit il s’avança versle camp des François avec trois mille chevaux; quelque sécrété & rapidequ’eût été sa marche, Turenne en avoit eu avis,mais il ne pût néanmoinsTempêcher de se jetter avec ses Troupes dans la Place. C etoit-là effec-tivement une si belle manœuvre, que M. de Turenne y donna lui-mêmeles plus grandes louanges, & dit que cette action étoit digne du grandCondé.- Elle étoit en effet si extraordinaire, que la garnison ne s’acten-dant point que le Prince eût pu tromper si promptement Turenne, arrêtaquelque tems le Prince devant la Contrescarpe, prenant ses Troupes pourun corps d’ennemis.
Le Maréchal fit aussitôt discontinuer le siégé & prit la route de Saint Siégé deQuentin pour couvrir la frontière. Ce fut là que le Roi, le Cardinal & Moutmedûles Anglois vinrent le joindre. Le Maréchal de la Ferté eut ordre de fairele siégé de Montmedi, pour empêcher l’cnnemi d’attaquer quelque Placede Flandres mal pourvue. Turenne couvrit le siégé » à veilla en mêmetems fur les mouvemens des Espagnols.
Le Prince de Condé & Don Juan firent plusieurs marches & contremar- Entrepriseches pour lui donner le change, dans le dessein de tomber brusquement sur Calaitsur Calais. Aiant joint leurs Troupes près de Charlemont, ils teignirent marquée.de vouloir entreprendre le secours de Montmedi, & détachèrent le Princede Ligne pour aller fondre fur Calais; il prit d’abord d’emblée la ville bas-se, mais le Gouverneur se défendit si bien dans la haute que les Espagnolsfurent oSiigés de se retirer (a).
Après la reddition de Montmedi, M. de Turenne alla mettre le siégé Frise dedevant Saint - Venant, ville fur la Lys dans J’Aitois. Les ennemis étoient Saint V*
(«) Hist. du Prince de Condé, p. nu 416,