43 + HISTOIRE DE FRANCE. Ltv. XXIII.
Section p e i ne les Anglois auroient pu reconnoitre cette ville, qu’ils venoient den XIV V quitter (a).
LouisXÍV. Rouis XIV. avoit pour maxime de tâcher d’augmenter ses Etats mêmeckpuis r an pendant la paix, mais en même tems il se tenoit toujours prêt pour la1651 jus- guerre, fesant fortifier ses frontières, & entretenant ses Troupes com»gaVí t’an, pi etes & dans la discipline. La politique, des Rois de France a toujours été,
I _ ó74 ‘_» depuis François I. d’être alliés des Empereurs Turcs, non seulement pour
Il assiste les avantages du commerce, mais pour empêcher la Maison d’Autriche devEmpereur sc rendre trop puissante. Cependant quoiqu’il fût de l’intérêt de la Fran-ce ’ fi ue ^ es Turcs inquiétassent la Hongrie, il ne lui convenoit pas qu’ilsicsportu- l’envahissent. Louis s’écarta donc de la politique de ses prédécesseurs, pourgais contre assister la Maison d’Autriche; il envoya six mille hommes en Hongrie, sousïEspagne., scs ordres du Comte de Coligni, seul reste de la Maison de Coligni, au-trefois si célébré dans les guerres civiles; il joignit Montecuculi, Généralque l'Empereur employa depuis pour balancer la fortune & la réputationde Turenne (Z>).
Quoique la France & l’Espagne fussent en paix, Louis XIV. ne laissapas d’affister le Portugal contre son beaupere. Le Cardinal Mazarin avoitabandonné formellement les Portugais par le Traité des Pyrénées ; mais lesEspagnols aiant fait plusieurs petites infractions tacites à la paix , Louiscrut pouvoir assster secrètement les Portugais. Le Maréchal de Schom-berg, étranger & Protestant, passa en Portugal avec quatre mille soldatsFrançois, qu’il payoit de l’argent de Louis, & qu’il feignoit de soudoyerau nom du Roi Portugais. Le Monarque François ne vouloit point la réu-nion des couronnes d’Espagne & de Portugal sur une même tête, & sansi6(îî. R venue du Maréchal de Schomberg, cela seroit vraisemblablement arrivé. Les
François joints aux Troupes Portugaises remporterent à Villa-viciosa unevictoire complété, qui affermit la Maison de Bragance sur le trône. AinsiLouis XIV. passoit déja pour un Prince guerrier & politique, avant qu’ileût encore fait la guerre.
Poiitiqu!de On regarda comme une preuve bien sensible de sa politique, la maniéréce Prince. adroite dont il se ménagea avec le Duc de Lorraine, ce Prince inconstant& bizarre. II le força â lui céder la forte ville de Mariai, & à faire unTraité par lequel il donnoit la Lorraine à la France après fa mort, à con-dition que le Roi lui permettroit de lever une certaine somme, & que lesPrinces de Lorraine seroient réputés Princes du sang de France. Un autretrait de sa politique, c’est qu’il augmenta la Marine pendant la guerre en-tre l’Angleterre & la Hollande, & qu’au lieu de cinq ou six Frégates il setrouva trente vaisseaux de ligne. Voltaire rapporte, que lorsque les Etats-Généraux presserent Louis XIV. de joindre fa Flotte à la leur, il ne setrouva dans le port de Brest qu’un seul brûlot (c) (*). Nous allons voir le
(«) ï* e même, p. izz. ' (c) Le même p. 139.
(b) Le même p. izg, 137.
(*) Louis balança longtems, s*il se déclareroit en faveur de l’Angleterre ou de laHollande ; il avoit honte de faire connoitre la foiblesse de sa Marine, & appréhendoicde jetter Gharles II. entre les bras des Espagnols. A la fin níanmoins, il envoya six