HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. 435
Roi jouer un plus grand rôle ,& menacer la liberté de l’Europe par Jagran- Secttondeur de ses vues & par la hardiesse de ses projets. Xiv.
La mort de Philippe IV. fournit à Louis la premiere occasion de faire ^Q gne J leconnoitre son talent en fait de cas de conscience pour contenter son ambi- depuis r a *'tion. Louvois fit dresser par d’habiles gens ce Manifeste éblouissant, par i< 56 i jus-lequel Louis reclamoit, d u chef de la Reine, le Cambresis, la Franche- ì u ' íl l ’ an
Comté, le Luxembourg, & une grande partie des Pavs-Bas Espagnols, en I<57+ '__
vertu du droit de dévolution, qui a lieu dans quelques Provinces, par le- &7w ten .quel les enfans du second lit sont exclus de la succession par les enfans du timssur *premier, fans distinction de sexe. Marie Therese, Reine de France res les Pays-toit seule du premier mariage de Philippe IV. ainsi les prétentions du Roi à.sembloient fondées non seulement sur les Loix du Pays, mais fur les arrêtsdu Conseil de Malines, qui avoit confirmé cet ordre de Succession, recon-nu méme par les Ducs de Brabant & par Charlequint. II est vrai que Louisavoit renoncé à toutes ses prétentions avant la célébration de son mariage ;mais on levoit aisément cette difficulté,en disant qu’il n’étoit pas le maîtrede céder les droits de fa femme & de ses enfans.
Louis ne manquoit ni de raisons spécieuses, ni d’habiles gens pour les II entre mfaire valoir, mais il comptoir encore plus fur ses forces, qui porteroient la Flandres.conviction là où ses raisons seroient inutiles. II entra en Flandres à la tête I(5<5 7*de trente-cinq mille hommes; un autre corps de huit mille hommes, feusles ordres du Maréchal d’Aumont, fut envoyé vers Dunquerque, & unde quatre mille hommes, commandé par le Marquis de Crequi, du côtéde Luxembourg. Colbert avoit si bien ménagé les Finances, qu’il avoitmultiplié les ressources de l’Etat, en mettant tout dans le meilleur or-dre. Louvois, nouveau Ministre cîe la guerre, avoit fait des préparatifsimmenses pour la campagne; des magazins de toute espece étoient dis-tribues fur la frontière, il introduisit le premier cette méthode avanta-geuse, que la faiblesse du Gouvernement avoit jusqu’alors rendue impra-ticable , de faire subsister les Armées par magazùn De quelque côtéque le Roi tournât ses armes, les secours & les subsistances étoient prê-tes, les logemens des Troupes marqués, leurs marches réglées. M. deTurenne créé Maréchal Général commandoit fous le Roi , qui déclaraqu’il vouloir apprendre fart de la guerre de ce Grand homme.
Rien ne put résister à une Armée si bien pourvue, animée par la pré ■prenì tlu-serice d’un jeune Roi ambitieux, à commandée parle Capitaine le plus sa s teU rs vil -meux & le plus expérimenté de l’Europe. D’ailleurs les frontières de la ^s.
Flandre Espagnole étoient presque sans défense; le Roi entra dansCharJe-roi comme dans Paris; Ath& Tournai furent prises en deux jours; Fur-nés, Arraentieres & Courtrai ne tinrent pas davantage; Louis descenditdans la tranchée devant Douai, & elle se rendit le lendemain. Lille mê-me, la plu» florissante ville de ces Pays, la feule bien fortifiée & qffi avoit
mille hommes pour assister les Hollandois contre l’Evâque de Munster, Prélat guerrier& ambitieux . si longtems le fléau & la terreur de ia République. Avant !a paix deBr.ua une tiscadre de trente Vaisseaux François, fous ie Duc de Beaufort, avoit jointles Hollandois; ce qui prouve ^augmentation de la Marine par les foins de Colbert .&de Louvois,
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