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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. n?

Angloi? surmonta toutes les difficultés par son adresse, & jamais fa capaciténe parut plus que dans cette occasion. Le Roi de Suede accéda à cette xri/jalliance en qualité de Partie contractante, Ainsi se forma la Triple Allian- ^ ssne J ece, par laquelle les Puissances contractantes s'attribuèrent la qualité darbi- dtpuis i'antres à légard des différends de la France & de lEfpagne pour les Pays- 1661 j u s.Bas, & de la guerre entre lEspagne & le Portugal, Lobjet de ['alliance i Cilìétoit de soutenir la Monarchie Espagnole,, de borner la puissance'exorbi- l6 ï+-

tante de la France, & de prévenir !a funeste guerre dont lEurope sem--

bloit être menacée. Le plan étoit bien concerté, on y applaudit ; & parrapport à s Angleterre ce fut peut-être faction la plus sage de tout lerégné de Charles IL

La Triple Alliance étoit fondée fur une alternative que le Roi avoit Conquête dtproposée à la Cour de Madrid. II offroit de renoncer aux droits de la Franche--Reine, à condition,que lEfpagne lui céderoit ou les conquêtes qu il avoitfaites dans les Pays-Bas, ou la Franche - Comté, avec les villes de Cambrai,dAire & de Saint - Orner. La Reine Régente dEfpagne temporisa , danslefpérance que la Triple Alliance lui feroit utile. Louis fit filer vers laFranche Comté ses Troupes, dont ii donna le commandement au Princede Condé, qui avoit fous lui Bouteviile son ami, qui ne i avoit jamaisabandonné dans ses disgrâces. On crut que Louvois fit employer lePrince de Condé, pour diminuer la faveur de Turenne, que le Roi con-fultoít non feulement comme Général mais comme Ministre. Condé & Tu-renne étoient de tout te ms rivaux, ils ne pouvoient sempêcher de sesti-mer, pendant quils se haïssaient. Turenne assura le Roi quil ne pou-voir donner le commandement à un Général qui eut la moitié du méritedu Prince, & Condé répondit au compliment, en disant quon ne pouvoir,succéder quavec désavantagé à Turenne. Le Prince sentit son ardeurmartiale se ranimer quand il se vit à la tête dune Armée, ce qui étoit -en-même tems une preuve que fa conduite passée étoit mise en oubli. II en-tra dans la Franche Comté, qui fut subjuguée en dix sept jours, : 6 c le Roilui en donna le Gouvernement (a).

La Reine dEfpagne, .votant quelle navoit encore tiré aucun avantagede la Triple Alliance, & que la conquête des-Pays-Bas ne conterait gue- la-QUa^u-res plus de tems que celle de la Franche-Comté*, consentit à la fin, que leta-Roi gardât les Places quil avoit conquises, supposant que les Hoilandoisferaient nécessairement obligés de soppofer à ses entreprises, sil vouloic.faire de nouvelles acquisitions dans les Pays - Bas. On fut surpris que faMajesté Catholique neut pas mieux aimé céder la Franche-Comte avecCambrai, Aire & Saint*Orner, plutôt cjue dexposer toutes tes grandesvilles de Flandres par le voisinage dun Prince auífi entreprenant & ambi-tieux que Louis XIV. Mais ce íut un trait de politique raffinée du Mar-quis de Castel - Rodrigo, pour mettre les Anglois & les Hoilandois dans-les intérêts de lEfpagne. Le Hoilandois firent tous leurs v efforts pour tra-verser une résolution, qui les expofoit eux-mêmes au danger,-mais la CourdEfpagne fut inébranlable, damant plus que le Roi de France appuis lai

O) Vie du Prince de Condé p, 452, 453,lii 3