433 HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.
Section négociation par une Armée de cent mille hommes, dont une partie eut 07-xiv. dre de marcher vers Bruxelles. Les Plénipotentiaires de France, d’Espa-f^vav § ns ’ d’Angleterre, de Suede & de Hollande se rendirent à Aix-la-Cha-depufs ivn pelle. Les négociations ne durèrent gueres & on ligna dans le mois deì66í jus- Mai le Traité, par lequel Louis XIV resta en possession de ses conquêtesqu'à l’an en Flandres. 11 rendit la Franche - Comté à l’Êspagne , & les Puissancesî67<i " de la Triple Alliance furent garantes de la paix, Les Etats Généraux firentfraper une Médaille, avec une inscription, par laquelle ils s’attribuoient lagloire d’avoir donné la paix à l’Europe. Josué van Beuningen, leur Plé-nipotentiaire à Aix-la-Chapelle en fit fraper une autre, où il s’étoic faitreprésenter avec un Soleil, dont Josué arrête le cours, par allusion au So-leil qui étoit la devise de Louis XIV. Ces traits piquèrent le Roi, qui s’ensouvint dans la fuite, quand il trouva l’occasion de s’en venger (*).
V, oins de En attendant, il s’occupa à regfer, à fortifier & à embellir son Royau-
LoaísXiv. m e. II fit voir qu’un Roi absolu, qui veut le bien, vient à bout de toutpeine. Í1 n’avoit qu’à commander, & les succès dans l’adroinislra-tion étoient aussi rapides, que l’avoìent été ses conquêtes. Toutes lesdifficultés cédoient au génie & à l’infatigable application de Colbert &de Louvois, deux Ministres nés pour élever la Monarchie Françoise auplus haut point de grandeur. On vit les ports de mer auparavant dé-serts & ruinés, entourés d’ouvrages, couverts de navires óc de mate-lots, & contenant déja près'de soixante grands vaisseaux, qu’on pouvoit• armer en guerre, & mettre en mer au premier ordre. De nouvelles Co-lonies partoient de tous côtés pour l’Asie,. l’Afrique & l’Amérique, & fe*soient honneur au Ministère, en enrichissant la nation. Les Arts étoientcultivés avec honte l’affiduité possible; le bon goût de la Peinture & del’Architecture brilloienc en divers monumens magnifiques. Les Lettres flo-rissoient ; le bon goût & la raison se réunissoienc pour bannir les restes dela barbarie Gothique. C’eít ainsi que le Roi de France s’occupoit, lorsqueF orgueil & la puissance excessive de la République de Hollande excitèrentsa jalousie, & attirèrent sur elle cette sanglante guerre, qui pensa entraînersanéantissement total de cét Etat.
Etat de ia Cette République étoit montée au plus haut point de grandeur & deHollande, gloire, en suivant sans varier les maximes de la prudence la plus parfaite,de l’industrie & de la frugalité. Amsterdam étoit devenue l’entrepôt & lemagazin de toute l’Europe, & la ville la plus riche de tout íe Monde. LaProvince de Hollande contenoit trois millions d’habitans,& les autres Pro-vinces n’étoient pas moins peuplées à proportion. Les Etats envoyoient
(*) Nos Historiens Anglois citent ici le Sìede de Louis XIV. T. I. p. m. 170;Mais ils font dire à M. de Voltaire plus qu’il ne dit A i’égard de la Médaille frapéepar ordre des Etats Généraux, il dit, qu’iis ne fe vcmtoknt en effet de rien qu’ils ti'eus-sent fait. Par rapport à Ja seconde, que cette Médaille n’exista jamais. ]e remarqueraique M. de Voilasse, les Historiens ángiois, & M. Sannon dans son Ilift. de GuiLlawnt Iîl. T 11. p. 17 se sont trompés fur le nom de M. van Beuningen, il ne s’ap'pelloit pas Josué, mais Conrad 'Koenraad). 11 n’écoit pas non plus Plénipotentiaire àAix la-Cbapelle, mais Ambassadeur à la Cour de France. Vcyez ce qu’en dit M. deVoltaire à'M- ?- * 58 , 159. Kem. ov Tjud.