HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. 43Qdes Ambassadeurs & d_es Ministres, à k Chine , à Siam . à Bengale, auGrand Mogol, au Roi de Períe , au Khan de Tartarie, au Grand Sei-gneur, au Czar de Moscovie & aux Princes d’Afrique Ils étoient regar* R ^ m *dés comme d’un grand poids pour la balance de J’£uro‘pe,& il ne se fesoitjfi^-aucun Traite sans que leurs Ambassadeurs y eussent part. La Triple AI- ifiïî LTliance où ils étoient entrés fit soupçonner à Louis qu’ils vouloient borner ?«’« l’mson ambition, & lui rogner les ailes, qui avoient rendues ses conquêtes si i6 ?4-
rapides dans les Pays-Bas. La hauteur de Van Beuningen à l’ékrd du-'
dernier Traité & pendant son séjour L la Cour de France avoit fort dépluau Roi ; il étoit choqué de l’orgueil & de ,1a fierté d’une République ouine fesoit que se tirer de 1 obscurité, & sortie en quelque façon depuis unsiécle de la mer. Mais ce qui étoit plus inquiétant pour Louis XIV c’estquhl étoit apparent que les Hollandois ruineroient les manufactures deFrance, & son nouveau commerce aux Indes Orientales. II fit paroitreson mécontentement par divers traits ; & le Pensionnaire de Wit sonfrere, & tout leur Parti firent tout ce qui dépendoit deux pour diíîjperlesombrages du Roi, mais les malheureuses divisions qui regnoient dans lesProvinces-Unies rendirent tous leurs efforts inutiles. Le Prince d’Orange, d’une famille ennemie déclarée de la France , & la vanité de vanBeuningen augmentoient les défiances de Louis. 11 veilloit fur toutes lesdémarches de Guillaume III, & s’a ppercevoit que son grand but étoie des’oppafer à l’ambition de la France, d’établir le pouvoir de fa Famille &d’affermir la grandeur d’une République fondée par ses ancêtres, L affran-chie de la servitude par leur courage héroïque.
LouisXIV. cherchoit donc l’occuíion de rompre avec les Hollandois,^™-*moins peut-être par aucune crainte de leur puissance, & du mal qu’ils Louis xlv*pouvoient lui faire, que dans la vue d’étendre ses Etats par la conquête de cmtre latous les Pays-Bas. 11 savoit que toute la force de la République consistoitdans fa Marine; que ses frontières étoient foibles, que la division regnoic Ió7 °*entre les Provinces, & que la principale autorité etoit entre les mains depersonnes, qui avoient une haine invétérée pour la Maison des Princesd Orange, les anciens Capitaines de la République. Son premier soin futde tâcher de rompre la Triple Alliance, & d’en détacher Charles IL Roide la Grande Bretagne. II se servit pour cela de la Duchesse d’Orléansqui passa en Angleterre, sous-prétexte de voir le Roi son frere ; elle réus-sit heureusement dans fa négociation & revint triomphante en France.
En ce tems-là Je Roi se saisit aulli de la Lorraine, sous prétexte que Je II 3'empareDuc Charles avoit des intrigues en Allemagne contre la France, & man- * !a Ror ~quoit à tous les articles du Traité qu’il avoit conclu depuis peu avec 8. M rainí ' ‘
T. C. C’est ainsi que ce Prince inquiet, turbulent & inconstant fut dé'poussé une seconde fois de ses Etats, & se vit errant ; il s e retira d’abord'à Cologne & ensuite à Francfort pour attendre une meilleure fortune ouune occasion plus favorable de brouiller dans l’Empire. Ici nous ne pou-vons être de favis de quelques Historiens, qui taxent Louis XIV de vio-lencesi tiranniques à l’égard du Duc Charles IV. Suivant nous, )a‘légitimedéfense de foi-même ùc la prudence politique dictât, qu’il falloic con-