HISTOIRE DE FRANCE. Lrv. XXIII. 44I
les querelles qu’elle avoit avec ses voisins ; il rejetta les propositions de di- Sectionvers Princes de l’Empire à même celles de la France ; cherchant à gagner Xiv.î’amitié «Sc la confiance des Etats (*). A la fin il conclut avec eux unTraite, par lequel il s’engagea d’astister la République avec une Armée devingt-cinq mille hommes. Bevcrn'ng, Ambassadeur des Etats á Madrid, 1661. jus.fit échouer tous les projets de la France dans cette Cour, cfc engagea la qu’à fanReine d’Efpagne à fournir de l'argent & des Troupes pour la défense des I(3 74 <Provinces - Unies. C’tst ainsi que la face de l’Europe étoit tout-à-faitchangée. La France & l’Angleterre, qui avoient beaucoup contribué àfonder «Sc à aggrandir la République, travailloient à présent à la détruire,-pendant que f Espagne, qui un íiecle auparavant l’avoit combattue, s’ar-moit pour fa défense. Pierre de Groot ou Grotius , Ambaílàdeur desEtats à Paris, fut chargé de pénétrer les desseins de Louis XIV.; il donna !avis à ses Maîtres, qu’il prévoioit qu’un terrible oragè alloic fondre fureux, qu’ils pourroient néanmoins le détourner par des soumissions faites à-propos. Les Etats écrivirent au Roi pour l’appaifer ; mais l’aiant trouvéinflexible, ils fe préparèrent à le recevoir, & pourvurent à la fureté deleurs Provinces. Mais la longue paix dont la République avoit joui, avoitruiné toutes leurs troupes de terre, & on ne pouvoit gueres compter furdes soldats nouvellement levés.
Aussitôt que tout fut prêt, Louis fit avancer une Armée de cent mille L'Armíthommes vers le JRhin. Avant l’ouverture de la campagne & la déclaration ^ Louisde guerre, il divisa son Armée en quatre corps; il eft commandentaiant fous lui M. de Turenne; un autre étoit fous les ordres du Princede Condé; le troisième étoit commandé par le Maréchal de Crequi, & le 1672.quatrième marcha vers la Westphalie conduit par le Duc de Luxembourgpour fe joindre à l’Evêque de Munster. Les Maréchaux de Crequi, deBellefonds & dTIumieres aiant refusé d’obéir au Maréchal de Turenne fu-rent exilés.; mais au bout de six mois on les rappella à la sollicitationde tout le c^rps des Maréchaux, aiant promis de fe soumettre à la vo-lonté du Roi
Une Armée si puissante, qui s’avançoit vers leurs frontières, ne pou- Guerre dé.voit qu’effrayer les Holìandois divisés par des Factions civiles. Les Amis àà £?de la Maison d’Orange vouloient qu’on abolit l’Edit perpétuel , «Sceievât Guillaume III. aux charges dont avoient joui fes prédécesseurs, à ° m ~mais le Parti des de Wit s’y oppofoit fortement ; ils ne purent cependantempêcher que le Prince ne fût fait Capitaine - Général. Plusieurs fe flate-rent que l’éievation de Guillaume engageroit Charles II. son oncle à rentrerd;ns la Triple Alliance; mais leur espérance fut trompée; conjointementavec le Roi de Erance, il déclara la guerre aux Etats le 7 d’Avril. Un moisaprès l’Electeur de Cologne & l’Evêque de Munster suivirent l’exemple des
(*) Je ne sai où les Historiens Anglois ont pris le portrait qu’ìls font ici du GrandEleveur Frédéric- Guillaume. 11 est démenti par tous les Historiens, qui louent fa pro-bité, fa générosité & son ame magnanime. 11 n’en est aucun qui parle de ses vues pré-tendues lur le Stadhouderat, à moins que ce ne soit quelque Chroniqueur Anglois in-connu hors «le la Grande Bretagne. De pareils faits ne doivent pas être avancés fans debons garands. Rem. du Tkad.
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