44a HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.
Section deux Rois, Les Hollandois se mirent en état de défense du mieux qu’il leur futpossible. On mit une forte garnison dans Maeílricht ; le Prince d’OrangeiouUXlV avec une Armée de vingt - cinq mille hommes s’avança vers les bords de l’Is-depuis /'an sel, & la Flotte Hollandoise croisa à l’embouchure de la Tamise pour em«16S1. jus- pêcher la jonction des Flottes d’Angleterre & de France, qui alloient à centqu’à l’an cinquante vaisseaux. Toute l’Europe avoit les yeux fur les mouvemens de
_deux puissans Rois, secondés par les plus grands Capitaines de leur tems.
Le Roi ou- Eouis XIV. partit de Saint - Germain en Laye vers la fin d’Avril, &vrelacam- joignit son Armée à Charleroi. Elle étoit composée de vingt-troisfagne. Compagnies de Gendarmes, de Gardes, de Mousquetaires & de Che-vaux Legers, de deux Régimens de gardes Françoises ik Suisses , dequatorze Régimens d’ínfanterie étrangère & de soixante Régimens deCavalerie legere ou Dragons, fêlant en tout une Armée de cent dixmille combattans, commandée par M. de Tu renne en qualité de Capi-taine- Général. On ne pouvoit entrer en Hollande que par le Rhin oupar la Meuse ; les Généraux & les Ministres n’étoient pas d’accord parquel côté on commenceroit. Les uns vouloient qu’on mît le siégé de-vant Maestricht, & les autres prétendoient que c’étoit une entreprisetrop hazardeuse, & qui couteroit trop sans qu’on en retirât un avanta-ge proportionné. Ils vouloient qu’on marchât vers • le Rhin pour en-courager les Alliés de la France, pénétrer de là dans le cœur de la Hol-lande, & faciliter la prise des Places fur I3 Meuse. Enfin après biendes délibérations,son résolut d’attaquer des deux côtés en même tems,afin de diviser les forces des ennemis, & d’embarrasser davantage leursConseils. II y a de l’apparence que M. de Turenne s’opposa toujoursau siégé de Maestricht, car nous trouvons que d’abord après la prise deMaseik, il déconseilla fortement cette entreprise, contre le sentiment duPrince de (sondé. II l’emporta à la fin, & il fut résolu dans un Conseildémarcher vers le Rhin & d’assieger tout à la fois Rhinberg, Wesel,Orsoi & Burick Ces Places étoient bien fortifiées & passoient pourles clés de la Hollande ; les Hollandois ne parurent pourtant pas inquietsde les voir assiégées, parcequ’elles étoient seulement sous leur protection,
6 qu’elles n’appartenoient pas directement aux Provinces - Unies. Ilsespéroient Tailleurs que toute entreprise sur le Pays de Cleves hâteroitles préparatifs de l’Electeur de Brandebourg, & reveilleroient même l’Em-pereur, en lui Pesant sentir ce qu’il avoit à craindre des grands desseins deLouis XIV. Rien ne put arrêter des Armées si lestes & commandéespar des Généraux si habiles. Les quatre villes se rendirent peu de joursl’une après l’autre ; Rhinberg qui tint le plus longtems ouvrit ses portes le
7 de Juin, Quelques jours après la ville & le Fort de Rees & la villed’Emerie se rendirent. Le Roi se détermina alors à passer le Rhin à ungué, où la Cavalerie passeroit à la nage, Ce fut le Prince de Con dé quiprojetta & exécuta cette entreprise si hardie à la vue de deux Régimensd’ínfanterie & de plusieurs Escadrons commandés parle Général Wura,retranchés fur l’autre bord ; les François passerent presque en aussi bon or-dre, que s’ils avoient été fur terre ferme. Ecs ennemis firent une vigou-reuse résistance, mais furent chassés de leur poste, après avoir tué le Due