HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. 4S3taille pour la sauver.. Le Roi saehant que le Prince ne négligeroit rien SscTropour obliger Monsieur à lever le siégé, lui envoya un gros renfort, avec xiv. Bordre de marcher contre l’Armée des Alliés. A peine étoit-il arrivé à Histoire dtMont-CaíTel, qu’il découvrit l’Armée ennemie qui s’avançoit en ordre de LouisXlv.bataille, comme les deux Armées étoient séparées par un ruisseau profond,elles firent halte jusqu’au lendemain ; elles en vinrent alors aux mains, & q Á Lle combat dura avec beaucoup de furie pendant trois heurts, lorsque la Paix dtvictoire se déclara pour les François. Guillaume fit une grande perte ; Nimegue.mais il fit fa retraite en grand Maître, de façon que le Duc d’Orléans n’o-fa pas le poursuivre ; mais la reddition de Saint Orner fut le fruit de la vic-toire. La Place ne tint que quelques jours après la bataille , quoique lagarnison fît une belle résistance aussi obtint-elie une capitulation honora-ble. Le Prince d’Orange pour faire voir que sa défaite n’étoit pas degrande conséquence, alla affieger Charleroi, où il avoir échoué en 1672,par la bravoure du même Montai, qui en étoit encore Gouverneur. Maisles belles dispositions du Maréchal de Luxembourg , qui lui coupa les vi-vres ,- l’obligerent encore de lâcher prise, lorsque le siégé étoit déjaavancé (a).
Dans ces entrefaites, le Maréchal de Créqui vérifioit le prognostic du Belle can 1.Prince de Condé. Racheté de fa prison, ®n l’opposa avec une petite Ar- pagne dumée au Duc de Lorraine, & il rétablit son honneur par une conduite pru- M a ™ cha [dente & courageuse. 11 battit le Duc dans le petit combat de Kokersberg àt Cre 2 w * 1en Alsace ; il le harcela & le fatigua sans relâche par ses mouvemens brus-ques & ses attaques vives. II prit Fribourg à fa vue, & quelque temsaprès défit encore un détachement de l’Armée du Duc à Rhinfeld. Enun mot il «'acquit non seulement la plus haute réputation , en fêlantéchouer tous les projets du Duc de Lorraine, mais obligea ce Prince àrenoncer au dessein de se remettre en possession de ses Etats, ce qui étoitle grand objet de ses désirs. La campagne finit par la prise de Saint - Oui-lain par le Maréchal d’Humieres, & la défaite du Comte de Monterei parle Maréchal de Navailles (b).
Durant l'Hiver le Roi d'Angleterre renouvella les négociations en quaîi- Dispojì-té de Médiateur. . Les Anglois en généra! souhaitoient qu’il déclarât la tio ™ duguerre à la France ; mais il regardoit le gros de la Nation comme un peu- Roi d ’^pie mutin & factieux ; les Hollandois comme une troupe vile de Mar - g etirre 'chauds avides, dont il ne pouvoit espérer de grosses sommes pour subve-nir à ses folles dissipations, & Louis XIV. comme un parent affectionné,un ami chaud & un généreux bienfaiteur. Sa médiation ne pouvoit doncgueres être impartiale. En effet Charles avoit trop d’inclination pour laFrance, & Louis donnoit la loi si absolument que les conditions qu'ií pro-posa furent rejettées, Sc que les Alliés prirent la résolution de tenter en-core fortune par la guerre.
Le succès ne répondit pas au courage avec lequel on agit pour amener Prise de .la France à des conditions raisonnables. Les Armées de Louis investirent P l ^f ieurSen même tems Mons, Namur , Charlemont, Luxembourg & Ipres. Le '’jfaUt
(a) Renault p. 766. Le même, p. 768.
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1678.