HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. 469d’an mois, la garnison n’espérant poinc de secours, capitula après avoir Sectionfait une belle défense. C’est ainsi que se termina la campagne de ce XVl -côté - là, sans que Louis XIV. en retirât d’autre fruit qu’une gloire LoukKlvtile. Après trois victoires consécutives, il ne put entamer les Provinces- depuisUnies, tandis qu’il avoit autrefois conquis la moitié de ces Provinces & de 1679 ;«/-la Flandres, toute la Franche-Comté fans donner un seul combat. la
Le Maréchal de Lorges porta encore la désolation dans le Palatinat, leravagea fans épargner ce qu’il y a de plus sacré, les tombeaux & les tem-ples. Le Prince de Bade empêcha deux fois le Maréchal de passer le Le Palaii.Necker; mais le Dauphin étant venu joindre M. de Lorge, l'Armée Fran- nat encoriçoife forte de soixante dix - mille hommes passa cette rivière, trouva le rava S é -Prince de Bade posté avantageusement, & s’en retourna; aiant mis garni-son dans Stutgard, la campagne finit (a).
Celle d’Italie fut plus glorieuse. Les Alliés bloquèrent Casai, & inves- Campanttirent Pignerol que le Duc de Savoye bombarda. M. de Catinat aiant reçu u ’ Itahe 'des renforts, descendit dans la plaine, & par son approche obligea le Duc 'de lever précipitamment le siégé de Pignerol. Le 4 d’Octobre, les deuxArmées en vinrent à une action, & combattirent avec beaucoup d’opiniâ-treté & de courage. Les François furent repoussés une fois. Catinatles rallia, & les ramena au combat avec tant d’impétuosité que la Cavalerieennemie fut mise en désordre, elle se renversa sur l'Infanterie , & par làtoute saile fut rompue. En-vain la seconde ligne s’avança-t-elle poursoutenir la premiers ; en-vain le Duc de Schombergà la tête des TroupesAngloiscs remplit-il les devoirs de Général & de soldat,- rien ne fut ca-pable de changer le sort de cette journée ; il n’y eut plus que confusion& désordre. Le Duc de Schomberg fut blessé & fait prisonnier, l’ArméeAlliée défaite, & les François remporterent une victoire infructueuse auxdépens de bien du sang. Catinat déploya tous les talens d’un grand Capi-taine dans cette occaiion,- mais la résistance opiniâtre des ennemis affoiblictellement son Armée, qu’il fut obligé de repasser les monts, après avoirrenforcé les garnisons de Casai, de Lu se & de Pignerol.
Les intrigues de Louis XIV. à Rome & à Constantinople lùi avoientréussi pendant quelque tems. Mais le grand Visir, qui écoic son pension-naire , fut déposé pour appaiser les murmures du peuple. Les Ambassa-deurs d’Angleterre & de Hollande renouvelleront leurs efforts pour procu-rer un accommodement entre l’Empereur & le Grand Seigneur ; mais tou-tes leurs propositions furent rejettées. Louis travailloit aussi par le moyendu Pape à détacher le Duc de Savoye des Alliés ; on tenta divers moyens,mais le véritable aiant jusques ici échapé au Roi oc au Pape, le Duc futsourd à toutes les propositions.
En Catalogue le Duc de Noailles assiégea Roses, qui capitula au bout DeCatal»>de quelques jours. La Forteresse d’Ampurias eut le même sort, & les gne.Espagnols avoient si peu de forces, que M de Noailles auroit pu pousserses conquêtes bien loin, si son Armée n’eût été fort affoMe par les dota-
(a) Le même, p. 30S.
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