ylffaìres
maritimes,
4 7 o HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.
Sectíon chemens au il avoit faits pour renforcer M. Catinat. La puissance de LouisXVI. xiV. étole alors à son plus haut point. II foutenoic la guerre contre lesf^XIV p!us grandes Puissances de l’Europe , & entretenoit, quatre nombreusesdípuh ' Armées en autant d’endroits différens. Sa Marine étoit redoutable, &1679 jus- généralement victorieuse des Puissances qui s’attribuoient l’Empire de laqu’à la mer, & rien, ne pouvoit être plus glorieux dans cette conjoncture que
faix de des opérations fur mer.
_ ys _h- Après la défaite de la Flotte de Tourville, on fit des efforts prodigieux
pour réparer la perte qu’avoit faite la Marine Françoise. On acheta plu-sieurs gros vaisseaux, qu’on équippa en guerre. On mit un embargo furtous les vaisseaux du Royaume, jufqu’à ce que la Flotte du Roi fût mon-tée; & la Manche fut couverte d’Armateurs , qui caufoìent de grandsdommages au commerce d’Angleterre. On fit des promotions extraordi-naires parmi les gens de mer, pour exciter l’émulation parmi les Officiers& les Mariniers. Au mois de Mai une Flotte de soixante - dix gros vais-seaux, outre les galiotes à bombes, les brûlots, les Frégates à. mit à lavoile pour la Méditerranée, fous la conduite de M. de Tourville. II dé-couvrit le 16 de Juin le Chevalier Rook, avec une Escadre de vingt-troisvaisseaux, qui fervoit de convoi à une Flotte de quatre-cens Navires mar-chands Anglois, Hollandois, & autres. Tourville porta d’abord fur l’en-nemi, brûla, coula à fond ou prit trois vaisseaux de guerre & environ qua-trevingt navires marchands. On dit alors que M. de Tourville n'avoit passu profiter de son avantage, & ce Général en rejetta la faute sur M. Ga-baret. Avant son retour, il bombarda Gibraltar fit une tentative infruc-tueuse fur Cadix, & détruisit un grand nombre de vaisseaux Anglois &Hollandois à Alicante & à Malaga. Pour fe venger de cet échec, Ben-bow, Capitaine Anglois, bombarda Saint-Malo pendant trois jours; ce-pendant la ville ne souffrit gueres.
Triste état L’Angleterre murmuroit des défaites, & la France étoit misérable parde la Fran - f es victoires. Les nombreuses Armées qu’on mettoit fur pied depeuploientle Royaume, & produisoient la famine. Toute l’activité & la prévoiancedes Ministres, tous leurs foins à rassembler des grains, à regler le prix &à soulager les pauvres, ne purent empêcher une infinité de personnes demourir de faim. Le Royaume gémissait fous le poids de la guerre, tandisque les Eglises de Paris retentissoient des Te Deum. Louis XIV. au mi-lieu de fa grandeur & du luxe d’une Cour polie étoit fur le point de suc-comber fous le malheur & fous la disette. On assure, qu’au sein de lavictoire & adoré comme un Dieu, il auroit acheté la paix par des con-cessions extraordinaires; mais que le Roi d’Angleterre, qui n’avoit pasencore satisfait son ressentiment, rejetta les propositions qu’on fit (a).Descente des Les événemens de l’année 1694 commencerent par une descente que les
sínghiis en Anglois firent fur les côtes de France, Milord Berkeley, qui commandoitFrance. j es Flottes ennemies,' entra dans la Baye de Camaret & y débarqua desi69ì- Troupes, mais elle furent fi vigoureusement reçues qu’il fut obligé de feretirer précipitamment. La Flotte Angloife alla bombarder Dieppe , &
(a) Abrégé Chronol. de l'Hiít. de France T. XIII, p, 272, 273.