HISTOIRE DE FRANCE. Lïv. XXIII. 4?I
réduisit presque toute la ville en cendres; le Havre de Grâce fut traire de Secttoì»la même maniéré ,& toute la côte fut remplie de consternation & de terreur, xvi.
Toutes ces entreprises avoientpour but de tirer les Troupes du Roi de Re &}‘ dsCatalogne, où Louis avoit résolu d’agir vigoureusement; mais elles nepro* j°^ sXIv *duisirent pas leur effet. Le Maréchal de iNoailles passa le Ter à la vue des /g ?g j u s-Espagnols, & attaqua le Viceroi de Catalogne si vivement, qu'il le battit, qu'à laLe Maréchal assiégea ensuite Palamos, que la Flotte Françoise bloqua par demer. La garnison se défendit bien, mais la ville aiant été prise d’assaut, R y swick - _les habi tans furent passés au fil del’épée fans distmdrion d’âge,de sexe, ni de Ca , rM ™ econdition. Gironne & Ostalric se rendirent après quelque résistance, & de Cotai*on prit des mesures pour faire le siégé de Barcelone, mais farrivée de l'A- gne.mirai Russcl les rompit entierement. Les succès du Maréchal lui valurentle titre de Viceroi de Catalogne («).
Le Maréchal de Luxembourg , qui commandoit en Flandres fous le CampagneDauphin, fut obligé de fe tenir fur la défensive, parceque son Arméeétoit àeFhnír^.inférieure à celle des Alliés; mais il fe conduisit avec tant de prudence &d’habileté, qu’il acquit plus de gloire que par fes victoires. On dit que fa con-duite fut une parfaite imitation de la belle campagne de M. de Turenne contreMontecuculi. II découvrit tous les desseins de l'ennemi par fa pénétration,
& fit échouer toutes ses entreprises par cette activité & cette promptitudedans l’exécudon, qui caracterifoient ce Général. Cette belle marche parlaquelle il empêcha le Roi d’Angleterre de prendre possession de Courtrai& d’établir fes quartiers d’hiver de ce côté-là lui mérita les remercimens deLouis XIV, qui lui écrivit de fa propre main, & tous les Auteurs qui ontécrit de l’art de la guerre en parlent comme d’un chef d’œuvre. I! ne putnéanmoins sauver Huy, que Guillaume attaqua si vivement, que Ja Placecapitula au bout de dix jours.
il ne fe passa rien d’important fur le Rhin, le Maréchal de Large rem- Du Rhinporta un leger avantage fur le Prince de Bade ; après quoi les deux Armées d’Raiìe,@qui fe redoutoient réciproquement entrerent en quartiers d’hiver. Les né-^ fl ^ rarAgociations sécrétés entre Louis & le Duc de Savoye, firent que la guerrelanguit en Italie, nonobstant les représentations des autres Alliés, & par-ticulièrement de Milord Gahvay, qui avoit succédé au Duc de Schombergdans le commandement des Troupes Angloifes. Les HollanJois prirentPondicheri aux Indes Orientales, ce qui fut un terrible coup pour la Com-pagnie naissante des Indes si favorisée par Colbert & ses fuccessenrs Ii fem-bloic qu’il y avoit une efpece de fatalité attachée aux affaires de cette Com-pagnie, qui les traverfoit éternellement, lorsqu’elle étoit fur le point des’élever au niveau des autres Compagnies (b).
On voioit sensiblement que la gloire de Louis XIV dédinoit de jour en DècUndel»jour. Il avoit perdu fes plus habiles Ministres, & Luxembourg, qui jus f mr -lxiVqu’alors avoit soutenu la réputation des armes de France, venoit de mou- ióss-rir; il entendoir les cris de fes peuples, fans pouvoir les ap passe r, & iivoioit fes propos rions de paix rejeuées avec mépris. François-Henri deMontmorenci. Maréchal Duc de Luxembourg mourut à Versailles le 4 deJanvier, dans fa soixante - septième année ; Louis le regretta comme le
(a) Lâ-Blême. liemult p. 810, £si. (b) Siede de Louis XÍV. T. I. p. 299.