SectionXVI.Régné deLouisXlV,depuisJ6 79 jus-qu'à laPaix deRyswick.
Le ReiGuillaumeprend Na■w\ur.
47 i HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIIL
soutien de sa Couronne, & le seul Général, excepté Catinat, en qui ilpût se fier. II suc contraint de nommer pour commander en Flandres Vil-leroi, fort inférieur à Luxembourg, pendant que Boufflers conduisoit uncorps séparé, mais qui recevoit les ordres de Villeroi. On s’apperçutbientôt du changement de Généraux. Villeroi fut obligé de se mettre 3couvert derriere des lignes, au lieu que Luxembourg avec un Armée infé-rieure s’étoit tenu fur la défensive de façon, qu’il tenoit l’ennemi en res-pect. Le Roi Guillaume entreprit le siégé de Namur, quoique la Placepassât pour imprenable à cause des nouvelles fortifications qu’on y avoicfaites, quelle fût défendue par un Maréchal de France (Boufflers) distin-gué par fa valeur & par fa conduite, qui avoit une garnison de seize mil-le hommes, & qui étoit protégé par f Armée de Villeroi.
La tranchée fut ouverte le onze de Juillet, & les batteries commencerentà jouer avec une furie incroyable. On donna plusieurs assauts ; la gar-nison fe défendoit avec une intrépidité étonnante & disputoit le terrainpied à pied ; mais les sffiegeans, & surtout les Anglois se portoient àl’attaque avec une ardeur sans exemple. Transportés par une especed’enthousiasme ils combattoient avec une furie invincible fous les yeuxdu Roi, qui appuyé fur l'épaule de l’Electeur , s'écria de ravissement,voyez tues braves Jngìois! Le 4 d’Août, le Comte de Guifcard capitulapour la ville, & le Maréchal de Boufflers fe retira avec la garnisondans la citadelle , douze batteries , dirigées par Coehorn, la battirentdès le 13. Le Maréchal fit paroitre une activité & une intrépidité sur-prenante; mais forage de bombes & de boulets rouges qui pleuvotentfans discontinuer, lui fit former le projet désespéré de s’ouvrir un passageà travers les lignes des Assiégeait?. Villeroi, après avoir pris Dixmude &Deiníe, bombarda Bruxelles, & aiant renforcé son Armée par des Trou-pes tirées des garnisons , il s’avança à la tête de quatrevingt- dix millehommes au secours de la citadelle de Namur. Mais aiant vu la positionde l’Armée des Alliés, il fe retira fans bruit durant la nuit vers la Mehai-gne. Boufflers refufoit toujours de capituler, s’attendant que Villeroi fe-roit tous ses efforts pour le secourir; il soutint encore un grand assaut, &capitula enfin le 5 de Septembre à des conditions honorables. En sortantà la tête des Dragons, le Maréchal fut arrêté par ordre du Roi d’Angle-terre, c’étoit par représailles, de ce que le Maréchal de Villeroi avoitviolé les capitulations de Dixmude & de Deiníe, On le traita avec tousles égards qui lui étoient dus; étant revenu à Versailles fur fa parole,Louis f embrassa en public & lui parla dans les termes les plus obligeans,le fit Duc & Pair & lui donna une grosse somme d’argent (*). Ce futlà le seul événement important qu’il y eut dans les Pays -Bas. La cam-pagne fur le Rhin ea produisit encore moins, les Armées ne s’occuperentqu’à ravager & ruiner le Pays. En Italie, la conduite du Duc de Savoyeétoit si équivoque, que toutes les opérations étoient comme suspendues,
excep-
(*) Nonobstant cette approbation publique de Ja conduite de Boufflers, le Marquisde Feuquieres, PAristarque des Généraux, lui reproche plusieurs fautes dans la défensede ia Place & de la citadelle. U lui en reproche encore dans la défense de Uile ,qui a fait tant d’honneur à Boufflers. Mm. p, ipS.