HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. 4?3
excepté le fiege de Casai, qu’il entreprit contre lavis des Alliés ; la ville Sectionse rendit, à ce que l'on croit par connivence de la part de Louis XIV, x'vi.qui voulut bien faire ce sacrifice pour gagner un Prince inconstant (a). TLe Duc de Vendôme avoit remplacé le Maréchal de Noailles en Ca- j epu f s "
talogne. II fit tous ses efforts pour soutenir la réputation des armes du 1679 jus-Roi, mais il échoua dans tous ses desseins par la vigilance de l’Amiral Rus- 9 U '^ lasel. Tout bien considéré, Louis XIV. paroiíToit s’affoiblir partout. Ii l ! eperdoitdu terrain en Flandres; il ne gagnoit rien furie Rhin ; l’Italie étoit RyiWlck ~.le théâtre des intrigues & des négociations ; & en Catalogne on Fesoit des '
entreprises infructueuses. Les côtes de France furent insultées par lesFlottes Angloise & Hollandoise combinées ; & les Colonies Françoifes enAmérique vivoient en des terreurs continuelles, parceque les Escadres An*
f losses rodoient fans cesse autour de leurs iíles. Tel étoit l’état de Jarance à la fin de Tannée 1C95.
Pendant THiver, les Alliés ruinèrent les grands magazins qu’on avoit for Traité demés à Civet pour l’Armée Françoise. Louis fut obligé de se tenir sur la LouisXlV.défensive dans les Pays-Bas pendant cette campagne, mais le Roi GuiJlau- avec ,e Duíme ne put poursuivre ses avantages faute d’argent. La patience & les dtfonds de la Nation Françoise étant épuisés, le Roi s’apperçut enfin qu’iln’étoit pas invincible; pour la premiere fois il se défia de ses armes, &comprit le peu de solidité de cette adoration que ses sujets lui avoient ren-due, pendant que leurs yeux éblouis par Téclat de ses victoires, ne voioientpas la mìfere réelle du Royaume. 11 eut recours à Tintrigue & à la négo-ciation. 11 traita secrètement avec les Etats - Généraux, avec TEspagne& avec le Duc de Savoye ; on avoit déja négocié avec le dernier touteTannée précédente. On dépêcha M. de Callieresess Hollande, chargé depropositions pour regler les préliminaires. Pour donner du poids à ses né-gociations avec TEspagne, le Roi fit agir vigoureusement en Catalogne.
Le Duc de Vendôme attaqua les Espagnols dans leur camp fous Ostalric;il remporta quelque avantage, mais qui n’étoit pas décisif. Le Traité quiétoit depuis st longtems fur le tapis avec le Duc de Savoye, fut enfinconclu. Ce Prince accepta les offres de Louis XIV. & signa la paix à No-tre-Dame de Lorette, où il étoit ailé fous prétexte d'un pèlerinage de dé-votion. Dans le fonds la France ne gagna rien à ce Traité. On accordaau Duc quatre millions de livres pour les dommages qu’il avoit reçus, onlui promit de Taffister contre ses ennemis, & on arrêta le mariage de laPrincesse de Piémont fa fille avec le Duc de Bourgogne. La Républiquede Venise & le Pape garantirent ce Traité, parla forte envie qu’ils avoientde voir les Impériaux hors d’Itaiie. Victor Amedée écrivit à toutes lesPuissances confédérées,_ excepté à la Cour de Londres, pour justifier faconduite; & après avoir sollicité leur concurrence, il avoua publiquementle Traité. Une des conditions étoit, que st au bout d’un certain terme lesAlliés n’évacuoient pas les Etats du Duc, il se joindroit au Roi pour les ycontraindre par force. On leur offrit la neutralité, mais l’aìant rejettée,les parties contractantes fe mirent en devoir d’attaquer le 'Milanés. Le
(») Iíenault p. 813. Bumet Mctn. de la Gr, Eret. T. IV. x. w. 3085 3°9-
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