474 HISTOIRE DE FRANCE. Lïv. XXIII.
Section Duc de Savoye, en qualité de Généralissime de Louis y entra, dc mit leXVI. fi e g e devant Valence. 11 le poussa durant treize jours avec toute la vi-LoTxív S ueur poffible, & auroit emporté la Place, íì PEfpagne pour l’arrêter n’a-depul ' voit accepté la neutralité pour l’ítalie. II y eut alors une suspension d’ar-167 g jus- mes, & les Troupes des Alliés s’en retournèrent. Nous dirons en peu dequ’à la mots, que l'Arniral Angiois Berkeley , insulta & aliarma les côtes deè pendant cette année. II y eut plusieurs Places bombardées, mais
yswic comme on n’y fit pas grand dommage ,ces expéditions ne servirent qu’àfaire voir que les Angiois avoient repris leur premiere supériorité sur mer.Nous finirons les événemens de cette année en remarquant, que l’Europe,à la fin d’une longue guerre, pensa se brouiller de nouveau par la mort dubrave Jean Sobieski Roi de Pologne, le Prince de Conti étant un desprétendans à cette Couronne. Mais comme cette affaire appartient plusnaturellement à l’année suivante, nous l'y renvoions, & nous parlerons au-paravant des négociations entamées pour la paix.
Négocia- Callieres, Envoyé de France, conduisisses négociations avec tant d’a-nions de dresse, que les préliminaires étoient arrêtés, avant l’arrivée du Roi Guil-Ry iôQ 7 & ’ àme à la Haye, & qu'on avoit accepté la médiation du Roi de Suede.Aprés bien des débats on convint de tenir un Congrès au Château de Rys-wick. Outre les embarras d’une guerre ruineuse, qui fesoient désirer lapaix à Louis XIV. il avoit encore d’autres motifs qui l’y portoient. IIavoit en vue la succession de la Monarchie Espagnole ; & il he pouvoit seflater de réussir tandis que l’Alliance formée contre lui subsistoit. L’Empe-reur avoit les mêmes vues, & par cette raison souhaitoit de maintenirï’alliance. Les Angiois aspiraient à voir la fin d’une guerre onéreuse & in-fructueuse, & le Roi Guillaume demandoit seulement que Louis le reconnutpour Roi d’Angleterre ; quant aux Etats - Généraux, ilsnecherchoient qu’às’affurer une barrierre suffisante. Ils ne combattaient que pour cet objet»& étoient charmés définir la guerre, s’ils pouvaient l’obtenir. Louis XIV.consentit que les Traités de Westphalie servissent de fondement à celuiauquel on travaillait; que la Lorraine fut restituée, & Guillaume reconnuRoi de la Grande Bretagne sans réserve ; que Strasbourg ferait rendue àì’Empereur; Charleroì, Luxembourg & Mons avec toutes les Conquêtesen Catalogne au Roi d’Efpagne ; que les jugemens rendus par les Cham-bres de Metz & de Brissac feraient annuités; que Fort Louis, Traerbach,,Montroyal & d’autres Places, pour les fortifications defquelles Vaubanavoit emploié tous ses talens, seroient démolies ; cn un mot Louis reçutdes conditions comme s’il eût été vaincu , & toute cette hauteur quiavoit paru à Nimegue s’évanouit à Ryswick (a).louisXíV. Cependant tandis que les négociations allaient leur train, il résolut defait mort f a j re j es derniers efforts en Catalogne & en Flandres, dans l’efpérance d’ob*tfjfarms ten * r de meilleures conditions. Catinat, Villeroi & Boufflers furent en/wit àímM-campagne avec une nombreuse Armée, avant que celle des Allies fût as-/«. semblée, & ils ouvrirent la campagne par le siégé d’Ath. La Place ferendit au bout de quelques jours, & le Roi Guillaume fut obligé de fe con~
(a) Síecle iâe Louis XIV. T. I. p. 30S, 30$