HISTOIRE ELE FRANCE. Liv. XXIII. 47s
tenter de couvrir Bruxelles Le Duc de Vendôme remporta de plus grands Sectionavantages en Catalogne. II affiegea Barcelone, & poussa ses travaux avec xvi.tant de vivacité, que quoique le Prince de Hesse Darmstad ,avec dix millehommes fît une belle défense, il fut obligé d’aceepter une capitulation. ^ e . uisLa Cour de Madrid aiant eu avis que l’Aripée du Viceroi, destinée à fé -1679 jus.courir la ville avoit été défaite, envoya ordre au Prince de rendre la Pia- tace, pour en prévenir la ruine. L'Espagne commençoit à souhaiter ardent- ^ a:x de ,ment la paix, & son impatience étoit enflammée par les ssccès de Pointis, yswic 'Chef d'Elcadre du Roi, en Amérique. II avoit pris Carihagene, pillé laville & rasé les fortifications. 11 revint heureusement en France avec unbutin de huit millions d’écus (d).
Ces succès enfierent fort le courage aux François, & Louis auroit encore Le Princevraisemblablement donné la Loi aux Alliés, s’il avoit eu en Pologne le mê- de Ç mti éiume bonheur qu’en Flandres, en Catalogne & en Amérique. Les qualités f ot depopulaires du Prince de Conti, & les maniérés adroites & insinuantes del’Abbé de Polignac, depuis Cardinal de ce nom , avoient gagné au Princela pluralité des suffrages dans la Diete. II fut élu Roi de Pologne, &proclamé par le Primat du Royaume; mais il n’avoit pour appui que sesqualités & fa réputation. Auguste, Electeur de Saxe, fut proclamé deuxheures après par son Parti, qui étoit soutenu par de grandes ressourcesd’argent & par de nombreuses forces. Les autres Frétendans s’unirent àlui; le fils du feu Roi épousa ses intérêts, & plusieurs des amis du Princede Conti furent gagnés par de grandes, libéralités. Louis XIV. voulutmaintenir les droits du Prince Conti & équsppa une Flotte à Dunquerquepour le transporter à Dantzick, mais voiant son Parti affoibii & son Con-current déja en posseiTIon il Fernbarqua & revint en France, fort chagrind’avoir échoué (b). L’fímpereur qui avoit pris le parti de l’Electeur deSaxe, contrebalança les succès de la France par celui qu’il eut en Pologne.
Pendant que cette affaire se débaltoit, le Maréchal de Boufflers & le Paix deDuc de Portland eurent cinq Conférences à la vue des deux Armées, &la fin signèrent un Ecrit, par lequel la paix entre la France & l’Angleterreétoit réglée. Les Alliés en furent ailarmés, & tous, à la réserve de l'Em-pereur, signèrent les conditions proposées par les Plénipotentiaires deFrance. Les Ambassadeurs de ì’Empereur s’en. plaignirent hautement com-me d’une perfidie, & protesteront contre ce procédé, comme injuste en-vers leur Maître; ils furent néanmoins obligés d’en venir auíïï à un Trai-té , qui fut ligné le 30 d’Octobre ; le Roi de France s’engagea à rendreTreves, le Paìarinat <L la Lorraine à leurs légitimes Maîtres; de faire ren-dre au Prince François-Louis Palatin, grand Maître de l’Ordre Teutoni-que, toutes les Commanderies prises par la France à cet Ordre &c. de resti-tuer de'mêrne à l’Electeur de Cologne tout ce qui lui a été pris; deremettre les droits & prétentions de la Duchesse d’Orléans fur le Pala-tinat à Ja décision d-Arbitres; de rendre au Roi de Suede, en qualitéde Comte Palatin du Rhin, de Comte de SpoRheim &c, son ancien Du-ché de Deux-Ponts; en un mot de céder quelques-uns des principaux
(s) Renault p. 817. 81S. (b) Abrégé Chronol. T, XIII. p. 308. Renault p. 8 ig.
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