47 $ HISTOIRE DE FRANCE Liy. XXIIÎ.
Section points, qui avoient donné lieu à la guerre, bien que diíFérens de ce qusrXVII. l’Empereur demandoic (a).
ï^”YÍv kar le Traité conclu avec l’Angleterre, Louis s’engage à ne plus dispu-dtpuis V ter â Guillaume ses droits fur la grande Bretagne, & de ne donner aucun1I98 jus- secours à ses ennemis (Jaques IL). Le traité avec l’Espagne contenoit laqu’ à r an re {i;icution des Places prises en Catalogne, de Luxembourg, Charleroi,I 7 I °- Mons, & de touc ce que le Roi avoir acquis dans les Provinces da
Luxembourg, de Brabant, de Flandres & de Hainaut. A l’égard des Etats-Généraux, on convint d’une paix & d’urie amitié perpétuelle, on renonçaréciproquement à toutes les prétentions ; & on se restitua les Places prisespendant la guerre. Les Etats avoient outre cela conclu un Traité decommerce avec la France, qui fut d’abord exécuté. Telle fut Tissue d’unelongue & sanglante guerre, st peu glorieuse au Roi, & si ruineuse pourla France. Sun sang, ses trésors étoient épuisés, ses terres en friche,son commerce ruiné , l’industrie domestique anéantie, si gloire flétrie,ses armes malheureuses, & cet esprit ardent qni avoit porté les Françoisaux entreprises les plus hardies, éteint. Les Ministres qui avoient signéla Paix n’ofoient se montrer ni à la Cour ni à la ville, on ks accabloit dereproches & de ridicules, comme s’iìs avoient fait un seul pas, qui n’eûcété ordonné par le Roi. Mais il y en eut peu parmi les Courtisans assez:éclairés pour voir que fur ce Traité honteux en apparence Louis XIV.vouloit fonder fa grandeur.
SECTION XVII.
Contenant les diverses Négociations pour la succession de la Monarchie d’E-spagne,* les intrigues à la Cour de Madrid j l Origine de: la Guerre quisuivit y b ce qui se passa jusqu en 171.0.
Etitdesaf- \ u s sitôt que là France commença à respirer après la guerre, il yfaires p a r avo i t beaucoup d'apparence, que les disputes pour îa succession, deZccejfm* la Monarchie d’Espagne , la meuroient dans de.nouveaux embarras, &V Espagne, brouilleroient de nouveau i’Europe. On ne croioit pas pouvoir accom-i6g8. moder par la voie des négociations les prétentions que les deux plus puis-santes Maisons de l’Europe avoient fur l’Espagne, après la mort du Roirégnant. L’épée feule pouvoit semble > t-il couper le nœud, qui avoitembarrassé les Jurisconsultes. Louis XIV. & l’fîmpereur Léopold étoienttous deux petits fils de Philippe III., tous deux avoient épousé des filles dePhilippe IV.; ainsi le Dauphin & Joseph Roi des Romains, étoient dou-blement au même degré. Le droit d’ainesse étoit incontestablement dans laMaison de Bourbon. La Reine Marie-Therese, mere du Dauphin, étoitfille aînée de Philippe IV. mais cette Princesse étoit exclue, tant par fapropre renonciation, lorsqu’elle épousa Louis XIV. que par le Testament:
(a) Voy. les Traités de Ryswick.