HISTOIRE DE FRANGE. Liv. XXIîI. 4?Jrdè íbn pere. En vertu de cette exclusion le droit d’héritier e'toit dévolu à Saône»-la seconde fille Marguerite, née d’un second mariage & mariée à l’Empe icvii.reur Leopold. De ce mariage étoit sortie une seule fille, qui avoit épousé *•s Electeur de Bavière; ensorce que cette Princesse, & après elle le PrinceElectoral de Bavière, étoient les légitimes héritiers de toute la Monarchie xm jus■d’Espagne, au défaut de postérité mâle de Charles II. en s’en tenant au sa»Testamc-rt de_ Philippe IV. Mais sEmpereur, qui vouloir conserver la 1710 'Monarchie d’Epagne toute entière d:>ns fa Maison, À procurer cette Cou- *
ronne à l’Archiduc Charles son f. coud fils comme arriéré pedr-fils de Phi-lippe III. disputoit le droit prétendu de sélectrice fa fille, fondé fur le:Testament de Philippe son grand-pere, L sur la renonciation de MarieTherese sa Tante.
On a cru généralement que îes intrigues de Louis à la Cour d’Espagneavoient obtenu de sinfirme Charles II. un an avant fa mort un Testamenten faveur c!u Dauphin. Mais cette opinion est formellement contreditepar le Murqvis de Torcy; 6t il est certain que toute ia conduite du Mar-quis de í Encourt, Ambassadeur de Fra r ce h Madrid, démontre que ce faitn’a pas le moindre fondement. Louis étoit parfaitement instruit du pouvoirque la Reine d-Espagne, sœur de slmpératrice, avoir s.r I esprit du Roiion mari. 11 savojt que le gros de la Nation Espagnole favorifoit les pré-tentions de la Maison de Bou;bon;mais il étoit convaincu auJî que ia Couren général étoit dans les intérêts de i'Empereur, L que le Roi étoit obsédéde tous côtés par les créatures de la Cour de Vienne. Foìble d’espric éfede corps, ce Prince n’avoit point de volonté en propre. La Reine, j’A-mirante son Favori, & le Comte de Harrach, Ambafiadeur de l’Ëir.pereurregloient tout, & Charles ne témoignoit gueres aucune paílioii, 1 ] nonqu’ìl marquoit un extrême aversion à se nommer un successeur. Cet objetle mettoit toujours en fureur, oa lui causoit des accès de mélancolie ; ainsion ne le touchoit qu’avec beaucoup de ménagement; & le Comte de Har-rach s’attira fa haine, pareequ’il le pressa un jour d’iaviter l’Archiduc àpasser en Espagne. Louis XIV. sentoit parfaitement, que toute l’Europes’oppostroit à ce qu’il fit valoir les prétentions de fa Maison fur toute laMonarchie d’Espagne. Les autres Puissances, deja jalouses de ia gran-deur de la France, ne pouvoient manquer de prendre l’allarme d’une stvaste acquisition, & de se réunir pour empêcher l’union des deux Cou.tonnes fur une même tête. La Ligue rompue par le Traité de Rysiviclc.alloit alors se renouvtller, & l’Europe étoit menacée d’un plus grand in.eendie que le précédent. II ièntoit la difficulté qu’il y avoit d’empêcher ledémembrement de la Monarchie d’Espagne. bans argent, fans Flottes .fans Armées, l’Espagne seule ne pouvoit défendre tant d’Etats. C'étoitun corps fans vie, que la.France devoit animer & soutenir à ses dépenstandis que ses Provinces, déja. épuisées, fe ruineroient entierement pour*donner de la vie à ce corps inanimé & Je nourrir. Ce fut donc vraisem-blablement la nécessité, & non le désir de maintenir Ia paix de l’Europe,..qui dicta le projet d’un partage de la Monarchie d’Espagne. Ce projet n’é--roit pas nouveau à la vérité; on avoit fait quelque chose de semblable désVannée iSSZ, au cas que le Roi Charles mourut fans postérité. On a cru,
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