478 HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.
S?.ction qus les fondemens de ce partage avoient été jettes dans les Conférences duxvil. Maréchal de Boufflers avec le Comte de Portland; mais on s’est trompé.Louis XlV H ne ^ uC question dans ces entrevues que des privilèges de la ville d’Oran-demis ’g'-t & des sûretés que Guillaume demandoic par rapport a son infortuné1693 jus- beau pere,
qiià l'an Après avoir tout mûrement pesé, Louis jugea que le meilleur parti qu’il
I 7 I °’_pouvoir prendre, étoit de proposer au Roi Guillaume un partage de la Mo-
I. Traité de nsrchie d’Espagne, à peu près fur le même plan , qui avoit été conclu avecpartage l’Empereur Léopold en 1668. On en parla au Comte de Portland, Am-tre laFran- baffadeur d’Angleterre à la Gourde Versailles ,& au mois de Mars de 1698,“ilterre^ ^ omte d e Tallard passa à Londres chargé d’en faire la proposition. Ontes e Etats fut occupé de cette affaire pendant tout l’Eté & à la fin le Traité fut con-GénércMx. clu & signé à la Haye par les Plénipotentiaires de France , de la GrandeBretagne & des Etats-Généraux. Par ce partage, le Dauphin devoir avoirles Royaumes de Naples & de Sicile, les places dépendantes de la Monar-chie d’Espagne situées fur la côte de Toscane ou Isles adjacentes, la ville &Marquisat de Final â la Province de Guipuscoa, On donnoit au PrinceElectoral de Bavière, le Royaume d’Espagne, lrs Indes & les Pays-Bas;& à l’Archiduc, second fils de ì’Empereur, le Duché de Milan. En casde mort du Prince de Bavière, on lui substituoit l’Electeur son pere. Sil'Empereur ou l’Archiduc refusoient d’entrer dans ce Traité, le Duché deMilan devoit demeurer en séquestre entre les mains du Prince de Vaude-mont, ou à son défaut entre celles de son fils. 11 faut avouer que ce projetest un des plus odieux attentats que la Tirannie ait jamais conçu. Troisgrandes Puissances conviennent d’un plan pour démembrer un Royaumemalgré le Souverain & la Nation, & contre toutes les Loix divines & hu-maines ! Nous ne pouvons néanmoins être tout-à-fait de l’avis de ceux quien font un crime à Louis XIV. La Justice donnoit toute la Monarchied’Espagne à ses enfans ; c’étoit donc de sa part une extraordinaire condes-cendance de se contenter d’une partie; la nécessité l’y obligeoit peut-être;mais cette nécessité devoit son origine à la jalousie des autres Puissances ; ilsavoit qu’eìles lui disputeroicnt ses droits, uniquement pour prévenir l’ag-v grandislêment de la France, & que la Politique feroit taire la Justice &
l’Equité. L’Empereur même résolut de contester le Testament de PhilippeIV. & tous les Jurisconíultes furent d’avia, que Marie Therese Reine deFrance ne pouvoit par aucune renonciation préjudicier aux droits de sesenfans (*).
te Prince Le Traité devoit être communiqué à l’Empereur & à l’Electeur de Ba-de Bavkre viere, mais tenu secret pour la Cour de Madrid, II étoit cependant im-diciaréjw- possible qu’une affaire dont tant d? personnes avoient connoissanee ne s’é-o-PT \ ventât, & il y a de ['apparence que ['Empereur, à qui le parcage déplaifoit,MmVde ^Ln,informa la Cour da Madrid. Torcy dit, que le premier avis que lejeune Prin- Ministère Espagnol en reçut vint da Hollande («). Toute la Cour prit feuce.
1699, (a) Mem. de Torcy p. 49.
(*) Plusieurs Auteurs disent que Louis ne fit ce Traité que pour amuser le Roi Guillaume,& qu’il étoit instruit du Testament de Charles II. en faveur du Duc d’Anjou. Mais leMarquis de Torcy á pleinement réfuté ces conjectures,