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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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496 HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIIÏ.

Section attaqaeroit divers quartiers à la fois. Le Duc dOrléans fut dun fen-XVII. riment, Marsin & la Feuillade dun autre; ils disputèrent fans rieniîegrae de conclure. Albergoti refusa le renfort quon lui demanda pour soutenirdepuis V * limpétuosité du premier choc de lennemi ; il avoit cependant vingt mille1698 jus- hommes &' navoic en tête que des Milices, qui nofoient lattaquer; ilqu'à l'on donna des raisons spécieuses de son refus. Le Prince Eugene se forma1 7 10 à peu de distance des retranchemens, au milieu du feu terrible de qua-faîtsdevant rante P^ eces âe canon. Le premier choc fut furieux, mais Eugene futcette ville, repoussé; il se mit alors à la tête des bataillons de la gauche, & forçales retranchemens à la premiere charge. Le Duc de Savoye ne fut pasmoins heureux à la droite & au centre. Les François furent rompus& toute leur Armée fut défaite dans lespace de deux heures. Le DucdOrléans, après avoir donné les plus grandes preuves de valeur fut bles- ; Maríin blessé à la cuisse fut fait prisonnier ; cinq mille hommes ref-terent fur la place,sept mille furent faits prisonniers; les lignes, les tran-chées font abandonnées, larmée est dispersée, & lennemi entre triom-phant dans une ville qui peu dheures auparavant étûit réduite à la der-niere extrémité. Le butin fut immense; une grande quantité de muni-tions, tout le canon, dix mille chevaux, & les mulets du Commissaire-Général, si richement chargés, quon les estima trois millions délivrés,tomberent entre les mains des vainqueurs. Marsin mourut quelques heu-res après avoir perdu la liberté. Methuen, Ambassadeur dAngleterre lailavoir, & Voltaire assure, que le Maréchal lui dit, que çavoit été contreson avis que les François avoient attendu lennemi dans leurs lignes ; cequi semble démentir ce que nous avons dit ; mais la contradiction dispa-roit, quand on fait que le Maréchal avoit des ordres de la Cour, auxquelsil étoit forcé dobéir, contre son propre sentiment.

Les Fran- Louis XIV. avoit jusques ici soutenu ses disgrâces avec une constancepis Jont étonnante, mais on appréhenda quil ne succombât sous ce dernier coup.chjJJes dI- u arrivoit dans la conjoncture la plus critique, & étoit trop décisif pour

ttl ,e nêtre pas fatal à ses affaires. Me de Maintenon se borna à lui dire, que !e

Duc dOrléans avoit levé le siégé de Turin à lapproche du Prince Eugene.Ce qui adoucissait encore cette nouvelle, cétoit celle que le Comte Meda-vi-Grancey avoit remporté une victoire fur le Prince de Hesse dans le Man-touan, qui bien que complette fut inutile. Limportante bataille de Turinen sit perdre tout le fruit; les François & les Espagnols furent chassés duMantouan , du Milanés , du Piémont & enfin du Royaume de Naples.Louis étoit donc humilié à un point capable dexciter la pitié de ses plusimplacables ennemis. Ses nombreuses armées étoient ruinées par le fer,les conquêtes des deux cotés du Danube perdues, ses Troupes chasséesde Flandres & dítalie , & Philippe son petit fils contraint dabandon-ner fa Capitale à un Rival, qui auroit pu subjuguer aisément toute lEf-

pagne , sil avoit su profiter de sa bonne fortune. Louis XIV. se servit

de f Electeur de Bavière pour écrire en son nom des Lettres au Duc de Marl-borough & aux Députés des Etats Généraux, pour demander un Congrèsil pria le Pape de íe porter pour Médiateur entre lui & lEmpereur ,& il évacua lítalie entierement, pour sauver les débris de lArmée du Duc

dOr-