HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. m
$ Orléans, & la petite Armée victorieuse du Comte de Medavi. Un trait Sectionde plume mit l’Empereur en possession de conquêtes qui avoient fait couler Xvn.des rivières de sang. On assura même que pour avoir la paix, le Roi pro-posa de céder les Etats d’Italie à T Archiduc Charles, d assurer aux Etats lv ~Généraux une barrière dans les Pays-Bas, d’indemnifer le Duc de Savoye- j69H jus-& d’autres conditions, qu’il auroic été de la prudence d’accepter. Mais qu'à l’onl’Angleterre & la Hollande les rejecterent, enivrées de leurs succès, & I7l0 ‘gouvernées par le Duc de Marlborough & par le Pensionnaire Heinsius,dont l’intérêt particulier demandoit la continuation d’une guerre, par la-quelle ils satisfaisoient également leur vanité Sc leur ambition. Louis sen-toit qu’il tireroitquelque avantage de propositions aussi modérées, Sc qu’ens’accommodant avec l’Empereur pour l’Italie, il fomenteroit la jalousie Scla division entre les Alliés. Véritablement les projets des Toris pour con-trecarrer le Duc de Marlbourough, donnoient quelque lueur d’espérance,que la Grande Bretagne se lasseroit d’une guerre qui lui avoit couté dessommes immenses, fans qu’elle en eût tiré le moindre avantage ni pourses revenus, ni pour son commerce, ni pour l’extension de ses do-maines.
Quoique les Alliés parussent avoir acquis de nouvelles forces par leurs Projet pourvictoires. que Louis fe trouvât pressé de tous côtés par mer Sc par ter- trouver dere , que ses sujets fussent accablés de taxes & épuisés, que les frontières l ' ar £ ent endu côté de l’Allemagne fussent exposées, l’Alsace ouverte aux ennemis, la FrancekFrance conservoit encore fes forces naturelles; elle n’avoit perdu que sesconquêtes ; les domaines héréditaires de la Couronne étoient encore enleur entier. Le Roi, fe reposant sur l’équité des conditions qu’il aroitproposées, & fur la justice de fa cause, se détermina donc à faire de nou-veaux efforts pour amener les Alliés à la raison. Pour remedier au man-que d’argent & soutenir le crédit de l’Ètat, on introduisit des billets de laCaisse des emprunts; mais malgré toutes les précautions qu’on prit, Sctoutes les sûretés que Louis donna, il ne put jamais leur donner cours,qu’à un discoute de cinquante pour cent.
II eut néanmoins la satisfaction de voir le Maréchal de Viilars victo* Evènementrieux en Allemagne ; il força les lignes de Stolhoffen, dissipa toutes les dei a guerre.troupes ennemies, étendit les contributions à cinquante lieues à la rondeSc pénétra jusqu’au Danube. Toulon, assiégé'par le Prince Eugène, Scblocqué par une Flotte Angloife , fut délivrée. Les affaires des Alliésen Espagne furent tout à-fait dérangées par la bataille d’Almanza où ilsfurent battus. Animé par ces succès Louis XIV. forma le grand projetde faire une invasion en Angleterre , & de mettre le fils de Jaques II. ssirle trône. Cette invasion devoit au moins faire une puissante diversion, &si elle réussissoit changer entierement la face des affaires. On emploia desémissaires pour former un parti en Angleterre & en Ecosse. Huit vaisseauxde guerre & soixante-dix bâtimens de transport furent préparés à Dunquer-que; on y embarqua six mille hommes, fous les ordres du Comte de Gacé,depuis Maréchal de Matignon. Le Chevalier de Forbin janfon, un dtsplus grands hommes de mer de France, avoit le commandement de laFlotte ; on se siatoit extrêmement d’un heureux succès, parcequ’il n’yTerne XXXL Rrr