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HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.
SïCTIONXVII.Régns deLouisXlV.depuisifi 98 jus-qu à l’on1710.
1708.
Campagne
deFlandres.
avoit en Ecosse que trois mille hommes de troupes réglées. Cet Armementmit à la voile !e 17 de Mars, prit son cours vers le golphe d’Edimbourg& jetta la consternation dans le Grande Bretagne; mais les vents contraires ,ôí la vigilance du Chevalier George Byng, Amiral Anglois, firent man-quer l’entrepriíe, A obligèrent M. Forbin de remettre à la voile & de re-gagner Dunquerque (a).
Cette entreprise échouée ne découragea pas Louis; il résolut dé profiterdes avantages qu’il avoit eus Tannée précédente fur le continent. Le Roicrut que la présence du Duc de Bourgogne,héritier présomptif de la Cou-ronne, encourageroit les troupes, ranimeroit Témulation , & rétabliroicles affaires en Flandres. On fie des efforts incroyables pour mettre fur piéune Armée digne de ce Prince, qui avoit sous lui le Duc de Vendôme.L’Electeur de Bavière avec M. de Berwick furent destinés à commanderfur le Rhin, & le Maréchal de Viileroi eut la commission de conduire desTroupes en Dauphine. L’Armée Françoise en Flandres étoit de cent millehommes, & les Alliés n’en avoient que quatrevingt mille. Nonobstantcette supériorité, on jugea à propos de profiter des circonstances, & d’em-ploier la ruse plus que la force pour recouvrer les Pays-Bas Espagnols. 11étoit connu que les habitans des grandes villes, naturellement inquiets,mutins & inconstans étoient mécontens des garnisons Hollandoiscs. LeComte de Bergeyk,qui avoit beaucoup de crédit dans le Pays étoit dévouéà la Maison de Bourbon, & î’Electeur de Bavière s’étoic fait fort aimer dupeuple des villes considérables. Le Brigadier de la Faille surprit Gand,tandis que le Comte de la Mothe s’empara de Bruges fans opposition. Maistoutes les mesures du Cabinet furent bientôt rompues par les opérationsen campagne & par Inactivité & le génie de Marlbouroug, & d’Eugenecomme aussi par la division qui régnait dans le Conseil de guerre des
François.
Bataille Les Généraux des Alliés, aïant pris la résolution d’attaquer le Duc de
& Oudemr- Bourgogne vers Oudenarde, se disposèrent à paflèr TEscaut. Le Duc de
Ae ‘ Vendôme proposa de tomber sur eux, pendant qu’il n’y avoit qu’une partiede leur Armée de passée,mais le Duc de Bourgogne s’y opposa ; ce Princesembloit étonné'& embarrassé dans cette conjoncture critique, d’où dépen-doit fa réputation & la fureté de la France. Lorsqu’il fut trop tard, ilentra dans les sentimens du Duc de Vendôme, & se déclara pour le com-bat, lorsque les Alliés avoient déja passé TEscaut. Vendôme représentaalors que l’occasion étoit perdue, & consentit avec répugnance à combat-tre. Grimaldi eut ordre de commencer la charge avec la Maison du Roi »mais aiant trouvé un ruisseau & un marais, il refusa d’avancer, & se re-tira sur la droite. Les ennemis fondirent avec une incroyable impétuositéfur le village de Heynem, où il y avoit onze bataillons & s’en emparè-rent. Le corps de l’Armée soutint le choc de toute Tlnfanterie alliée avecbeaucoup de courage, & le combat continua une heure,sans que la victoirefe déclarât, alors le Prince d’Orange à la tête de Tlnfanterie Hollandoisofit un mouvement, par lequel il attaqua les François en flanc. Le Comte.
(sj) Mem. du. Comte de. Forbin. T. IL p. 303-313, Ct. du. Tradt.