HISTOIRE DE FRANCE. Lïv. XXIII. 5CIregardoit comme l’arbitre de l’Europé, ne voulut entendre à aucune pro- Secti®* 'polltion & porta ses prétentions au plus haut point (*), Louis XIV. ne xvii.perdit pourtant pas courage. Il fentoit la nécessité d’avoir la paix à tout f eRne y dtprix, & étoit convaincu qu’une République dont le commerce L la na-vigation font les soutiens, ne scroit pas longtems sourde à des propositions 1698 jusavantageuses pour son commerce. Louis ne se trompa point. Les Etats ja’à r anreçurent d’abord des Agens subalternes, «St cette année ils ne'se refusèrent I ? 10 -
point aux pressantes sollicitations du Roi, pour que M. Rouillé pût venir-—
conférer avec MM. Heinsius & van der Dussen, les deux Oracles desProvinces-Unies & Favoris du feu Roi Guillaume, qui les avoh placésdans les postes qu’ils occupoient. M. Rouillé se conduisit avec toute l’a-dresse possible, mais malgré toutes les intentions pacifiques, les opéra-tions de la guerre continuèrent. II se trouva tant de difficultés dansles négociations, que la campagne s’ouvric, & l’incertitude des événe-mens rendit à peu près inutile tout ce que l’on avoir faic jusques alors.
II y a de l’apparence que les conférences du Duc de Marlborough & dûPrince Eugene avec Heinsius & van der Dussen à la Haye, reculèrentfort les projets du Roi pour la paix. Non contens de ia démolitionde Dunquerque, que le Roi abandonnât le Prétendant & reconnut lesdroits de la Reine Anne, qu’il cédât la Monarchie d’Eípagne, qu’il ac-cordât une Barrière suffisante aux Hollandois, & les plus grands avanta-ges pour le commerce à FAngleterre «St à la Hollande ils demanderencque Louis XIV. restituât l’Aisace à l’Empire, qu’il rendit Strasbourg, laville & la Châtellenie de Lille, qu’il démolit Dunquerque , le nouveauBrissac, le Fort Louis «St Hunningue » en un mot qu’il fit à cessionsqu’ils aur oient rougi de demander, & que le Roi n’auroic pas daigné écou-ter , s’il n’eût été réduit à la derniere détresse. Le Marquis de Torci serendit à la Haye; il prit le ton de la douceur, sollicita, supplia, & fìc desconcessions au nom de son Maître;il attaqua le Duc de Marlboroug du cô-té de l’intérêt, toutes ses offres furent rejettées. En un mot on peut dif-ficilement faire réflexion fur Jes malheureuses circonstances où fe trouvoicLouis, qui avoit na gueres donné la loi à l’Europe, fans être touché de pitiépour un Monarque accoutumé depuis longtems à la victoire.
Ce Prince eut néanmoins le courage de rejetter ces insoíens préliminai- CwnKe .res, & ces sujets approuvèrent fa généreuse résolution. 11 rendit publi- la Nationques ses propositions & les demandes des ennemis. Toute Ja France Françoise.prit feu à la vue d’un procédé si indigne; on fe recria fur l'injustsee& fur l’arrogance des Alliés, & on résolut de se sacrifier pour la gloiredu Roi. La famine qui désoloit le Royaume fut une ressource pour ia
(‘) Nos Historiens semblent taxer Jes Hollandois seuls, tandis qu’ils conviennenteux-mêmes dans la fuite, que Marlborough & Eugene contribuèrent beaucoup àempêcher la République de fe prêter aux propositions de Louis XIV. On peut voirdans Ruruet, que ce surent principalement ces deux Généraux, qui déterminèrent laRépublique à ne point profiter des conditions avantageuses que le Roi lui offroit ,
& à insister fur des demandes exorbitantes. Voy. Man. dt la Granit fr et aune T.
VI. p. m, c.o & suiv. Rem. du ïkad. !
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