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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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502 HISTOIRE DE FRANCE Liv. XXIII.

Section guerre. Ceux qui étoïent peu sensibles à fhonneur de leur Souverain, seXVII. firent soldats pour avoir du pain. Grand nombre dautres furent animésRégné de p 3r jg pj us nobles motifs,* réduits à la misere, & à moitié morts de faim,dt°'uis V résolurent de verser la derniere goutte de leur sang pour soutenir leur169& jus- Roi. De pareils sentimens mirent la France en état de faire des effortsquà Van. qui étonnèrent ceux qui la croioient expirante. On assembla une nom-17 Ia breuse Armée en Flandres, fous les ordres du_Maréchal de Viilars & bienque celle des Alliés fût supérieure, on ne Iaissoit pas de sattendre que M.de Viilars agiroit offensivement. Mais ce Général làvoic trop bien lesavantages que de vieux soldats, fiers de la victoire ont fur des recrues maldisciplinées » en qui le désir de la vengeance ne serviroit quà augmenter ledésordre & la confusion.

Continua- Auffitôc que Louis XIV. eut rejette' les préliminaires, les Etats ordon-tion de la nerent à Rouillé de partir dans vingt-quatre heures, & le Roi donna ordreguerre fi? à Viilars de commencer la campagne avec toute la diligence & toute la vi-Maipía. S ueur possible. Mais tant senfaut, quil fût en état dagir offensivement,quet. quil jugea à - propos de se retrancher dans la plaine de Lens. Le fort dela France & de f Espagne dépendoit de lissue de cette campagne. Une dé-faite devoit être suivie des plus fatales conséquences; cécoit ce qui avoirempêché M. de Viilars de tenter le secours de Tournai, afin que ses nou-velles recrues eussent le tems de saccoutumer à voir fennemi. Après laprise de Tournai, les Alliés jetteront les yeux fur Mons, & passèrentl'Escaut pour aller investir cette Place. Le Maréchal de Viilars savançapour les en empêcher, & se posta avantageusement derriere les bois de laMerte & de Tanières, prés de Malplaquet ; il munit son camp , déjabien fort, dun triple retranchement. Voltaire prétend que son Arméenétoit que de quatrevingt mille combatans ; des Historiens Anglois gros-sissent ce nombre jusquà cent-vingt mille, & peut-être approchent-ilsplus de la vérité, puisquil avoit été joint par le Maréchal de Boufflers,* ceGénéral, quoique son ancien, étouffant tout sentiment de jalousie paramour pour sa patrie, avoit demandé à servir sous lui. Viilars prit tou-tes les précautions possibles, & on na pas laissé de blâmer fa disposition.11 avoit tellement couvert son camp de lignes, de retranchemens, de hayes,de batteries, dabatis darbres, quil paroissoit inaccessible. Quelques His-toriens on dit, qu il devoit passer une large trouée, au lieu de la laisserdevantl lui ; mais cest ce dont un militaire fur le champ de bataille est mieuxen état déjuger, que ceux qui font tranquilles dans leur cabinet. Danscette situation fennemi lattaqua avec furie, & les soldats François étoientsi pressés de combattre, quaiant reçu du pain, dont ils avoient manqué unjour entier , ils en jetteront une partie pour courir plus légèrement aucombat. Les Hoilandois qui étoient à la gauche furent repoussés troisfois, avec un prodigieux carnage, & le Prince dOrange lesramen autantde fois avec une résolution & une intrépidité incroyable. A la droite lesAnglois furent plus heureux,* après un combat opiniâtre les François fu-rent chassés de leurs retranchemens dans les bois de Sart A de Taniè-res.- Le Maréchal de Viilars, en ramenant des troupes de la gauche aucentre fut blessé, & par lhonneur de la victoire demeura à fennemi