5ro HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.
Sjiction au mois de Fevrier pour la Haye,afin de faire les préparatifs pour la cam*^„ v í IL pagne. Mais avant que les Armées fussent prêtes à marcher, l’EmpereurcequTs’est Joseph I. mourut, laissant les Etats de la Maison d’Autriche, l'Empire,pajjé en & ses prétentions fur la Monarchie d’Efpagne à son frere l’Archiduc Char-l'amée les, qui après avoir déja été reconnu Roi d’Efpagne, venoit d’être obligé1?I1, d’abandonner Madrid par les derniers succès de Philippe. On crut quecette mort faciliteroit extrêmement la paix. Le grand objet de l’Angle-terre & de la Hollande étoit de maintenir la balance del’Europe,& d'empê-cher l’aggrandissement de la Maison de Bourbon par l’acquisition de la Mo-narchie d’Efpagne. _ Les mêmes raisons a voient déformais lieu par rapportà la Maison d’Autriche, dont la hauteur, l’ambition & l’envie de dominerétoient également dangereuses, si les Etats Autrichiens, la dignité Impé-riale , Naples, Sicile, la Lombardie, l’Efpagne & l’Amérique fe réunis-soient dans la même Maison & ne formoient qu’une feule Monarchie ,c’étoit ce que Louis XIV. voulut prévenir, & ç’auroit dû être le desseindes Alliés. II n’avoit nullement envie de réunir les couronnes de France& d’Efpagne, comme il paroit par les renonciations réciproques du RoiCatholique à la Couronne de France & des Princes du Sang à celle d’Efpa-gne , immédiatement après la paix d’Ucrecht.
Campagne La mort de l’Empereur ne fit aucun changement dans les préparatifsde Flandres . q U ’ 0 n fefoit de part & d’autre pour tenter fortune dans une nouvelle cam-pagne. Les efforts que Louis fit étoient extraordinaires, en considérantle tems qu’il y avoit qu’il soutenoit la guerre contre les plus grandes Puis-sances de la Chrétienté, & qu’on savoir cru dès les deux campagnes pré-cédentes fur le penchant de fa ruine. Le désir ardent qu’il avoit de pro-curer à fes peuples les douceurs de la paix, avoient à la vérité fait croireaux Alliés, que tous fes efforts pour traiter ne venoient que d’impuiffance.Son Armée en Flandres, commandée par le Maréchal de Villars, ne futpas moins nombreuse qu’aucune qu’il eût mis en campagne, & fes sujetsépousèrent encore la cause de leur Souverain, & soutinrent fa gloire avecun courage surprenant & un attachement fans exemple. La valeur & l’ac-tivité de Villars lui avoient tellement gagné les cœurs, qu’il trouva moyend’assembler une très - nombreuse Armée, avec laquelle il se campa derrierele Sanzet. Sa position étoit si forte , qu’il ne pouvoir être attaqué avecquelque espoir de succès. II avoit tiré des lignes depuis Bouchain furl’Efcaut, le long du Sanzet & de la Scarpe jufqu’à Arras, & de là jufqu’àCanche. Ces lignes étoient défendues par des redoutes, & auroient étévéritablement impénétrables,si le Maréchal n’avoit été affoibli par des dé-tachemens qu’il avoit faits, pour renforcer l’Electeur de Bavière fur leRhin.. Marlborough avoit dessein de forcer les lignes des François, & ily alloit de son honneur. Depuis le 15 de Juin juíqu’au 12 de Juillet, lesdeux Armées demeurèrent dans leurs camps, n’y aiantquela Scarpe qui lesséparât. L’Armée Françoise formoic une efpece de cercle en deça d’Ar-ras, fa droite à Monchi-Preu & fa gauche à Duifan. Celle des Alliésétoit campée en deça de Lens, la droite à Liévin, & la gauche à Henin-Lietar. La position du Maréchal de Villars incommodait fort les Alliés;parcequ’011 avoit élevé près d’Arleux une digue, qui rendoic inutiles les