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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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HISTOIRE DE FRANCE. Li v. XXIII. SlI

înoulins de Douai, & empêchoit au dessous de cette ville la navigation de ^la Scarpe. Les Alliés tentèrent deux fois de prendre un petit Château & xvui.une Redoute, qui couvroient la digue. Ils revinrent une troisième fois à HÀstnire dala charge avec huit mille hommes, & emporteront ces deux postes, après ce  ui s#une vigoureuse résistance. Voulant les fortifier, Marlborough laissa pour ffiLTcouvrir les travailleurs douze escadrons & dix bataillons, qui y campèrent. 1711.

Le Maréchal de Villars forma le projet de les enlever. U en chargeaComte de Gassion, qui prit si bien ses mesures quil arriva à ía pointe dujour près des ennemis fans avoir été découvert. II avoit rangé fa Cava-lerie fur quatre lignes, dont la premiere attaqua le camp ennemi avectant de furie, que le détachement des Alliés fut défait, dispersé & pour-suivi jusquauprés de Douai. La perte des François fut peu considérablela victoire complette, mais infructueuse. Marlboroughfit alors une feinte*qui trompa la vigilance de Villars, & fut peut-être Je plus grand coup de'maître de cet habile Général. Sétant approché à moins de deux lieuesdes lignes des François, il ordonna de préparer ungrand nombre de fas-cines, en disant quil avoit dessein dattaquer lennemi. Villars rassem-bla ses principales forces de ce côté-, sattendant à une action; il f c ,csurpris Rapprendre que les Généraux Cadogan & Hompesch avoient passéle Sanzet à Vitri, & que le Duc de Marlborough étoit près dArleux. As-suré alors du projet des ennemis, Villars décampa avec toute son Armée àla pointe du jour, & se mettant lui-même à la tête de la Maison du Roi,il fit une si grande diligence, quà midi il se trouva à la vue de Marlbo-rough, qui avoit joint le Comte de Hompesch. Cette jonction obligeaVillars de se retirer du coté de Cambrai, & les Alliés passerent les lignes desFrançois. Les Historiens François tâchent de déguster cette disgrâce duMaréchal ; mais ce grand-homme a fait voir quil méritoit une meilleurefortune, par la franchise avec laquelle il avoua, quil avoit été déçu, &que le Général Anglois i'avoit emporté par la supériorité de ses talens.

Après ce coup, Je Duc de Marlborough forma le hardi dessein d'astieger o?.Bouchain; Place a la vérité très-petite, mais forte par fa situation, envi- prise deronnee de marais, bien fortifiée, & défendue par une nombreuse garni- Btuchain.son. Villars fit tout ce qui dépendoic de lui pour sauver Bouchain, nenégligea rien pour faire échouer les Alliés,& pour réparer le tort quavoicfait à fa réputation le passage des lignes. Ses décachemens remporterencdivers avantages fur les fourageurs des ennemis. Les Hussars François défi-rent proche de Cambrai les Hussars des Alliés, Le Comte de Coígni atta-qua vers Landreci ôt défit entierement sept escadrons, qui couvroient unfourage que les ennemis fesoient à Paix. La plupart des fourageurs furentpris avec les Comtes dHerbach & de Wassenaar. Le dernier dAoGt JeMarquis de Château - morand remporta un autre avantage. Le Maréchalavoit fait construire deux Ponts fur l'Escaut entre Iwi & Etrun. Pendantla nuit le Marquis passa la rivière avec trois mille fantassins, & tomba àminuit fur quatre bataillons ennemis postés à Hordain, en tua l'a plus grandepartie, & fit plusieurs prisonniers, du nombre desquels étoit le Major-Général Borek Ces divers efforts furent secondés par de fréquentes sor-ties de la garnison, ôi servirent à retarder la prise de Bouchain, mais ne