522 HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.
Section péchèrent de la perfectionner. Cela ne l’empêeha pas de donner l’affaut,XlX. ma is la valeur des assiégés le rendit inutile, desorte que le Marquis futHistoire de je fe retirer. Peu après la suspension d’armes entre l’Espagne & le
d’ Utrecht, Portugal fut publiée à Madrid & à Lisbonne, ce qui termina la cam-& de ce qui pagne.
s'est pz(sé La principale attention de Louis XIV. étoit d'écarter tous les obstacles
jusqu’à la q U i pouvoient retarder la conclusion de la paix avec l’Angleterre , & d’o-Rastadt. bliger, par de vigoureux efforts en Flandres, TEmpereur & les Etats Gé-néraux d’acceder aux propositions pour le rétablissement de la tranquillitéjffLires de l’Europe. II ne négligea pourtant pas la Marine, parcequ’il étoit enmaritimes, àat d’agir plus vigoureusement depuis l’Armistice avec l’Angleterre. Onprojetta une expédition contre Sànt-Jago, la principale des Iíles du CapVerd, dans cette vue on arma une Escadre à Toulon, sous la conduite duSieur Caffart. II vint mouiller devant le Fort de la Praie, fit débarquermille hommes, & sommer la garnison du Fort, qui se rendit sans coup fé-rir. Le lendemain, il se rendit devant la ville de Sant-Jago, & y fit sibonne contenance, que le Gouverneur se rendit sans résistance, quoiquela Place fût de très-difficile accès, & qu’il y eût dans l’Ifle dix ou douzemille hommes capables de porter les armes. Le Gouverneur convint depayer dans trois jours soixante mille piastres, pour racheter la ville & lesForts; mais ensuite sans aucun égard à la capitulation, il se sauva dans lesmontagnes avec les principaux habitans. Le Sieur Caffart attendit six jourspour lu.i donner le tems de rentrer en lui - même, mais n’entendant parlerde rien, il fit sauter les Forts, crever quarante Canons de fer t Sc enlevadix sept canons de bronze, deux - cens barils de poudre, une grande quanti-té de marchandises, plus de quatre - cens Negres. il abandonna le reste auxsoldats qui pillèrent la ville & y mirent le feu. Ensuite Caffart fit voilepour Surinam, Colonie Hollandoise dans l’Amérique Méridionale. II assié-gea la ville & le Fort, & obligea le Gouverneur de lui payer huit censmille florins pour les racheter. II détacha ensuite la frégate la Meduse,pour aller mettre à contribution la Colonie Hollandoise de Berbice, sur lamême côte & il en exigea trois-cens quinze mille florins (a).
Mort de Nonobstant ces petits succès, il étoit plus que tems que Louis XIV.Catînat U m j t g n à une guerre, qui avoit ruiné ses peuples, altéré fa santé, troublé^ endô- p on bonheur, & usé ses principaux Capitaines, qui avoient vieilli à exécu-ter ses ambitieux projets. Cette année mourut dans son Château de SaintGratien , l’actif & habile Maréchal Catinat, dont le nom sera toujours cé-lébré en Italie. II fut bientôt suivi par le fameux, aimable & PhilosopheHéros Louis Joseph Duc de Vendôme, après avoir affermi Philippe V.fur le trône d’Efpagne, & dans le cours d’une feule campagne rétabli lesaffaires de ce Prince.
Négocia- g ra nd but de Louis XIV. étoit de terminer ses différends avec la
tions pour Grande Bretagne ; la-conclusion fut néanmoins retardée par des difficultésla Paix. ^prévues, à l’occasion du commerce & des limites des Pays que les deux1 ?I 3* Nations avoient en Amérique. II y eut de longs débats & les Plenipoten-
(a) Daniel Journ, Hisl. de Louis XIV. p. m. 341, 342.