HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. 523
thlres de France tinrent de fréquentes conférences avec le Duc de Shrews. Sectionbury & M. Prior. A la fin les choses s’accommoderent fort à l’avantage Aijc.de la France, & à la satisfaction du Roi & de ses peuples. De part & ds
d’autre on se trouva prêt à signer les Traités. Les Ministres Anglois en cTOtrtcbt,donnerent avis aux autres Plénipotentiaires des Alliés; le Comte de Zin -^decequlzendorf tâcha de faire naitre de nouvelles difficultés. Louis accorda à la P a JJ épriere des Plénipotentiaires Anglois, que S. M. I. auroit jusqu’au pre-4 ^mier de Juin le tems d’examiner si elle vouloit accepter les propositions de Rastadt!la France; mais il ne voulut pas consentir à une suspension d’armes, pour ———ne point rallentir l’ardeur de ses Troupes.
Les Etats* Généraux furent extrêmement piqués du procédé de la Reined’Angleterre. Aufficôt que le Duc d’Ormond eut retiré son Armée de de-vant le Quesnoi, ils ne doutèrent pas que toutes les Troupes à la solde dela Grande Bretagne ne fussent perdues pour les Alliés, & que quels que fus-sent les succès du Prince Eugène, les Provinces Unies ne courussent risque.
Ils reprochèrent aux Plénipotentiaires Anglois la perfidie du Ministère. 11ss’imaginoient de se voir déja exposés à toute la vengeance d’un ennemi ir-rité, & ne pensoient qu’avec terreur à la conduite peu respectueuse qu’onavoit tenue envers le Roi de France à Gertrudemberg. Us reprirent cœuren apprenant que les Troupes étrangères avoient refusé d’obéir au Ducd’Ormond, mais cette lueur d’espérance s’évanouit bientôt. La levée dusiégé de Landreci, la défaite de Denain & la prise de Douai & de Bou-chain démontroient la supériorité de la France, & l’impostibilité de conti-nuer la guerre sans la Grande Bretagne. Tous les beaux projets, dont lePrince Ëugene avoit nourri leur aversion opiniâtre pour la paix étoientanéantis, leurs yeux ouverts, & leurs Ministres obligés de suivre des me-sures bien différentes de celles que ses grands succès avoient auparavantsuggéré à la République. Les Etats furent à présent contraints d’avoir re-cours aux Plénipotentiaires d’Angleterre, pour engager ceux de France àreprendre les conférences si longtems interrompues. Cette interruptionavoit été causée par 1 obstination de s Ministres Hollandois, qui ne vou-aient recevoir les réponses des Plénipotentiaires de France que par écrit.
Us renoncèrent à cette prétention, & le Roi consentit, à la priere desMinistres Anglois, de renouer les conférences. Le Comte de Zinzendorf,qui étoit à la Haye, fe rendit en poste à Utrecht, quand il apprit qu’onse servoit de la médiation des Anglois, pour reprendre les conférences.
II réitéra ses exhortations & ses promesses pour ranimer les esprits abattusdes Républicains. II s’efforça de prouver qu’il étoit de l’intérêt de la Hol-lande de temporiser, & les assura que le Prince Eugene étoit en marchepour livrer bataille à Villars. Ses remontrances firent quelque impressionfur les Ministres, mais ce qui contribua le plus à retarder le renouvelle-ment des conférences, ce fut un incident, qui peu important en foi-mê-me , ne laissa pas de reculer les négociations pour donner la p a j x à l’Euro-pe. Le Comte de Rechteren, député de la Province d’Overyssel, fe plai-gnit qu'en- passant devant la maiíòn de M. Ménager, se s domestiquesavoient été insultés par ceux de ce Ministre par des grimaces A des gestes
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