534 HISTOIRE DE F RANCE Liv. XXIII.
Section trie , îa Méchanique, la Physique, & l’Astronomie. Mais dans l’Eloquen-XX. ce, la Poëfie, la Literature, & dans les Ouvrages de goût & d’agrément,Fin & ta- les François peuvent être f regardés comme les Législateurs de l’Europe.bkau du L’Angleterre a produit à la vérité un Spencer, un Sidney, un ShakespeareLouisXIV. & un Milton ; mais tant s’en falloit que le goût fût général, que le mérite
_' du sublime Poëte aveugle ne fut reconnu, que lorsque la critique de M.
Addison le fit connoitre au Public ; il y a même encore en Angleterre desgens de Lettres qui soutiennent que Milton est enflé, dur, embarrassé &peu naturel. En France, la Poëfie, l’Eloquence de la Chaire & du Bar»reau & l’Histoire, furent portées au plus haut degré de perfection fous lesauspices de Louis XIV. Corneille & Racine furent les créateurs de la bellePoëfie, Bourdaloue, Bossuet,Fenelon & l’Abbé de St. Réal de l’Eloquen-ce & de l’Histoire. Molière fut le Législateur des bienséances; la finessede fa Muse comique bannit fassectation, autant qu’il est possible, parmi unpeuple vif & frivole. Quant à la Musique, la Peinture, la sculpture &l'Architecture, elles étoient encore à naître, quand Louis XIV. montafur le trône, & ce fut la main officieuse de Colbert qui leur donna lejour. La simplicité & le goût exquis de Lulli charmèrent alors l’oreil-le. Colbert, le Mecene de tous les Arts fonda une Académie de Pein-ture, Ecole qui a produit des pie^es, qui ne font pas indignes de Ra-phaël & du Titien. II forma aussi une Académie d’Architecture , maisavec un succès moins brillant. Quant à la Sculpture, les François y ontexcellé, ainsi que le prouvent les Bains d’Apollon à Versailles, le tombeaudu Cardinal de Richelieu dans la Chapelle de Sorbonne, & la Statue éques-tre de Louis XV. à Bonrdeaux.
Commerce Colbert ne fe borna pas à la culture des esprits ; pour rendre un Royau-Polketf me respectable, il faut le rendre riche, & l’aisance, l’ordre & l’industrieLmx. pont indispensables pour rendre le bonheur du peuple durable. Colbert pen-sa à tout ; il commença par décharger les peuples des droits onéreux, enaugmentant la recette par le bon ordre. Les grands chemins furent appla-nis & réparés, & on creusa le canal de Languedoc, uniquement pour fa-voriser l’industrie. L’année 1667 fut à la fois l’époque des premieres Loix& des premieres Conquêtes de Louis XIV. L’Ordonnance civile parut d’a-bord, ensuite le Code des Eaux & Forêts, puis des Statuts pour les Ma-nufactures; l’Ordonnance criminelle; le Code du commerce; celui de laMarine. La sévérité du Roi contre les duels fut très - avantageuse à la na-tion, en portant un rude coup à ces restes de barbarie & d'ignorance, quifesoient dépendre la justice , l’innocence , & l’honneur de la force desarmes.
Nous avons donné, dans un des Volumes précédens, l’Histoire de l’o-rigine, & des progrès de la Compagnie Françoise des Indes Orientales.Celle des Indes Occidentales fut formée dans le même teins, & ne fut pasmoins encouragée , & avec plus de succès. Malgré les secours que leGouvernement a donnés à la premiere, ses progrès ont été souvent arrêtéspar des banqueroutes, tandis que la derniere a surpassé toutes les espéran-ces. Le Roi fournit le dixieme de tous les fonds de la Compagnie d’Occi-
dent;