r«-
HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. S4I
On voit par le tableau que nous avons ébauché, quels changemens se sont Se cttosfaits en France durant le régné de Louis XIV. II trouva l’Ëtat déchiré par Xxi.des Factions, les Loix négligées, finduítrie éteinte, les Finances en de- ‘ e ™s esordre, le commerce presque inconnu, les Sciences & les Arts enveloppés jSàp?'de ténèbres; en un mot, il n’y avoit que confusion, intrigues, mifere ékjent.oppression. 11 abolit cet esprit de révolte dont la nation avoit été polie- —dée, & fit du Royaume un corps régulier, il réforma & perfectionna lesLoix ; il fit naître l’industrie, fleurir le commerce, protégea & favo-risa les Sciences; il donna des moeurs, introduisit la politesse & J e goût& fut comme le fondateur de cette finesse de sentiment, de cette magnifi-cence, & de cette délicatesse d’esprit, qui ont toujours distingué la Fran-ce , & que les autres nations ont tâché d’imiter. Ën un mot, aux défautsprès dont l’ambitìon est la source, Louis XIV, a été Je Roi le plus magni-fique , le plus généreux & le plus illustre de son siecle & de son Pays.
SECTION XXL
Abrégé de ÍHiJîoire du régné dc Louis XV. jusqu au teins présent.
T ouïs XV. aujourd’hui régnant, n’étoit que dans fa sixième année, stvénemmtlorsqu’il parvint à la Couronne le premier de Septembre 1715. de LouisLouis XIV. avoit établi un Conseil de Régence, composé du Duc d’Or-^ v ‘ á Ialéans, des Ducs de Bourbon, & du Maine, du Comte de Toulouse, du C° ur °nne.Chancelier, des Maréchaux de Villeroi, de Villars, d’Uxelles, de Tal-lard & d’Harcourt, des quatre Secretaires d’Etat & du Controlleur Gé-néral des Finances. II ordonnoit encore par son Testament que le Ducdu Maine auroit la garde de la personne, du Roi, A nommoit le Maré-chal de Villeroi Gouverneur de ce jeune Prince. Mais d'ailleurs les pou-voirs du Duc du Maine étoient si étendus, que le Duc d’Orléans, quiavoit un génie fort supérieur au sien, se regarda comme un zero dansle Gouvernement & prit la résolution d’écarter le Duc du Maine. IIs’adressa au Parlement, auquel il promit le rétablissement de ses anciensprivilèges, & il réclama devant ce tribunal la Régence du Royaume parle droit de fa naissance. Le Parlement lui accorda fa demande, le Tes-tament de Louis XIV. fut cassé, & le Duc d’Orléans, le plus proche hé-ritier de la Couronne, fut déclaré stul Régent.
La Couronne de France avoit en ce tems- là environ trois -cens millions Procédé nr.de livres sterling de dettes. Parmi les premiers actes de la Régence du b j traire (luDuc, fut un Edit par lequel il fixoit la valeur du Louis d’or à quatorze li - Résmt 'vres, de l’Ecu à couronne à trois livres, dix fols, & des autres especes àproportion. 11 fît rentrer alors les Louis d'or fur le pié de seize livres,pour amorcer le peuple. Mais peu après il donna un autre Edit, par le-quel la couronne acquit un cinquième de toute la monnaye du Royaume,en obligeant le public de recevoir le Louis d’or fur le pié de vingt livre?,
Yyy 3