54r HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.'
Section Sc les autres especes à proportion, quand elles fortoient de la Monnoye."
XXL jj j u ftífì a ce t extraordinaire procédé par la nécessité de diminuer les dettesLouis xv. de la Couronne, ce qui calma les esprits pour quelques jours. Mais lesjusqu’à pré- marchands & tous les ouvriers, principalement les étrangers, fans res-Jmt. pester l’Edit,augmenterent le prix de leurs commodités proportionnelle-■ ment à l’augmentation de la valeur des especes, enforte qu’on n’ache-toit pour un Louis de vingt livres, que ce qu’on avoit eu auparavantpour un de quatorze livres. Pour dédommager en quelque façon le peu-ple de ce mal, le Régent établit une Cour de Justice , qu’il appella laChambre ardente, qui obligea ceux qui avoient eu part au manîment desFinances durant la derniere guerre, Sc qui avoient commis les plus ter-ribles vexations, à restituer de grosses sommes.
Le Régent n’ignoroit pas que ces procédures le rendoient odieux, Scqu’une grande partie du Royaume regardoic son droit à la Régence com*me fort douteux. Pour Raffermir, il cultiva l’amitié de George I. Roide la Grande Bretagne, qui de son côté avoit des raisons de se lier aveclui. Le Comte de Stairs étoit encore Ambassadeur d’Angleterre à laCour de France ; le Prétendant aiant passé par la France pour aller sou-tenir la rébellion excitée en sa faveur en Ecosse, le Comte présenta di-vers Mémoires fort pressans fur les secours qu’il recevoit de la France.Le Régent savoit combien il déplairoit à la Noblesse & aux François engénéral, s’il emploioit la force contre une cause, que le feu Roi avoit euii fort à cœur. II se contenta donc d’informer secrètement la Cour d’An-gleterre des démarches du Prétendant & de ses Partisans en France, Scferma les yeux fur les petits secours qu’on fît passer en Ecosse, sachantbien qu’ils ne pouvoient être d’aucune utilité au Parti.de Comme les disputes entre les Jésuites & les Jansénistes ont fait grandef gion. k ru iÊ en France , jusqu’à faire craindre qu’elles n’allumassent une guerrecivile ; il est convenable que nous en disions quelque chose ici. JanseniusDocteur de Louvain, & ensuite Evêque d’Ipres, aiant publié un Livrefur la doctrine de Saint Augustin touchant la Grâce & le libre Arbitre, lesJésuites le combattirent, l’affaire fut portée devant le Pape, qui condam-na cinq Propositions tirées du Livre de Jansenius. Ses sectateurs, qu’onappelle Jansénistes, nièrent que l’on put tirer de son ouvrage les proposi-tions condamnées,& quelques-uns soutinrent même qu’elles n’étoient pointhétérodoxes, Sc que le Pape, infaillible fur la Doctrine, ne l’étoit pointfur les Faits. Les Jésuites prétendirent qu’il l’étoit également fur l’un Scfur l’autre article. Clement XI. auroit été bien aise d’accommoder la que-relle, en cédant son droit à l’égard des Faits; mais le.s Jansénistes visoientà la perte des Jésuites, qu’ils accusaient de corrompre la Morale & d'a-néantir toute vertu. Les Jésuites de leur côté accusaient les Jansénistes deQuiétìfme, de suivre la doctrine de Molinos, & d’agir par des vues d’in-térêt mondain. Les choses en étoient-là, lorsque le P. Quesnel Prêtre del’Osatoire publia ses Réflexions Morales fur le Nouveau Tcjiament , destinéesà combattre les Jésuites. Le Cardinal de Noaiìles Sc plusieurs Evêquesapprouvèrent ce Livre , tandis que d’autres Prélats en défendirent la