Buch 
31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
Seite
543
JPEG-Download
 

HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. 543

lecture. La dispute fut portée devant le Roi, qui ne pouvant la terminer Sccrro?ien renvoya la décision au Pape; Clement XI. condamna louvrage, comme R XXl -contenant cent une propositions hérétiques.^ La Bulle qui le condamnoit Louis XV.commençoit par le mot Unìgenitus, ce qui la fait appeller la Bulle Unige- jujuuàpré-nitus. Plusieurs Ecclésiastiques & quelques Parlemens refusèrent de l'ac- J«rt.cepter & en appellerent au Concile œcuménique; mais les Jésuites aiant un '

pouvoir absolu sur lesprit de Louis XIV. il emploia la force pour faire re-cevoir la Bulle, & exila quelques-uns des Appellans les plus hardis. Samort suspendit pendant quelque tems la dispute.

Lorsque le Duc dOrléans fut en possession de la Régence, la querelle seralluma avec tant de fureur, quil donna un Edit par lequel il mit en liber- tous ceux qui avoient été emprisonnés au sujet de la Bulle Unigenitus &rappelloit tous les exilés, mais en même tems enjoignoit aux Evêques refu-sans daccepter la Bulle, avec de certaines modifications. Tandis que lapersécution contre les Jansénistes cessa pour quelque tems, celle contre lesRéformés continua. Quoique le Régent neut proprement point de Reli-gion, il étoic trop habile Politique pour choquer un corps aussi puissantque le Clergé de France, en témoignant de lindulgence pour les Réfor-més. Tout ce que les sollicitations de George I. même purent obtenir delui fut lélargissement de soixante ou.quatrevingt personnes, qui avoient étécondamnées aux Galères pour leur religion.

Une autre affaire qui occupa le Régent fut la requête des Princes de la Les Prîn-Maison de Bourbon contre une déclaration du feu Roi, par laquelle il avoit ceí Léguanon seulement légitimé le Duc du Maine & le Comte de Toulouse, mais à egra *les avoit mis sur le même pied que les Princes du sang, & même déclaréhabiles à succéder à la couronne. II faut avouer que cétoit- une dé-marché irréguiiere & qui étoit leffet dune autorité arbitraire; maislEdit avoit été enrégistré dans les formes au Parlement , & acceptémême par ceux qui présentoir alors requête pour sen plaindre. Les Princesdu Sang ne pouvoient le nier; mais ils alléguèrent, que ni eux, ni leParlement navoient été libres fous le feu Roi, dont la Déclaration in-valide en elle-même , étoit contraire à la Loi fondamentale de lEtat,qui ne permet pas de faire passer la Couronne à des Etrangers à des En-fans naturels. Le Duc du Maine ôc le Comte de Toulouse demanderentque les choses restassent fur le pié ou elles étoient, jusqu à la majoritédu Roi. Mais le Régent jugea à-propos de casser la déclaration passéeen leur faveur, & par un Edit du mois de Juillet 1717, défense leur futfaite de prendre dans la fuite la qualité de Princes du Sang. Le mêmeEté, le Czar Pierre le Grand vint à Paris, il fut reçu avec toute ladistinction possible.

Ce fut alors quon établit la fameuse Compagnie du Mississipi. Ce projet Compagnieétoit formé pour acquitter les immenses dettes que lEtat avoit contrac- d ltées pendant la derniere guerre , & cinquante millions de livres formoientle fond, avec lequel on devoit faire le commerce de la Floride, de laLouisiane à des autres Pays situés le long du Mississipi, les Actions devoitsacheter avec des Billets diìtat. Le projet étoit si spécieux, quil y eut