HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. 547
L’Hiíloire rapporte à l’honneur du Parlement de Paris, que les Mem- Secttombres de ce Corps s’opposerent aux démarches tiranniques du Régent, & xxr. 1refusèrent d’enrégistrer les pernicieux Edits qu’il publia. Surquoi il mit lÓu*s xvquarante - cinq mille hommes en quartier dans cette ville & dans les envi* j u sq U ’àpré'rons. Cela même neparoiílânt pas suffisant pour tenir le peuple en bride, sent.
le Parlement eut encore la gloire d’être envoyé à Pontoise , où il resta —-
quelque tems en exil. Parmi tant de démarches violentes, le Régent enfit une qui adoucit un peu le ressentiment du Public, ce fut rétablissement Ré-’d’une Chambre de Justice , qui obligea ceux qui s’étoient enrichis par le gent.Misstífipi à restituer des sommes immenses ; Je Régent y gagna considéra-blement & fit quelque plaisir au peuple.
Le Duc d’Orléans avoit des raisons de croire, que plusieurs Seigneurs Disgrâcede France, fans être dans les intérêts des Espagnols, étoient dans ceux de tlu ~Marê-leur Patrie, & souhaitoient par conséquent que le Roi fût hors de ses cìtal . dtmains ; il regardoit le Maréchal de Villeroi comme étant de ce nombre, em ‘desorte qu’il lui ôta sa charge de Gouverneur du Roi, & la donna au Ducde Charost. On prétendoít, que le Maréchal avoit insinué au Roi certai-nes choses au désavantagé de son Altesse Royale, qu’il prétendoít à l’indé-pendance, & qu’il n'avoit pas voulu quitter le Roi , quand le Régentavoit voulu entretenir sà Majesté en particulier.
Ce qu’il y a de remarquable, c’est que malgré la misera générale enFrance en ce tems-là, la Cour étoit plus magnifique que jamais- Nousavons parlé ailleurs du mariage du Roi avec l’Infante d’Espagne, & de ce-lui de Mile de Beaujolois conclu dans le même tems, de la courte guerreentre les deux Couronnes qui précéda ces mariages , & des intrigues duCardinal Alberoni.
Le Cardinal du Bois, Monstre d’impieté & de débauche fut déclarépre* Mort dumier Ministre par le Régent. En 1723 le Roi fut sacré à Rheims, & au Régent àPrintems de Tannée suivante le Parlement le déclara Majeur. Le 10 d’Août !“ l | í0í ' í1723. Du Bois mourut, & le Régent jugea à - propos de faire lui - même jì l(ce js mla fonction de premier Ministre, mais il mourut au mois de Décembre dela même année. Le Duc de Bourbon,Prince sage & modéré lui succéda;i! rappella le Maréchal de Villeroi à la Cour, car bien que le Roi eût étédéclaré Majeur, on le consideroit encore comme Mineur, & il étoit entutelle autant que jamais. Nous avons rapporté dans i’Histoire d’Espagnece qui donna lieu au Congrès de Cambrai. Le commerce étranger deFrance étant en ce tems*là fort peu de chose, le Duc de Bourbon réduisitle Louis d'Or de vingt-sept à vint-quatre livres. Cela causa des pertesconsidérables à tous les marchands & à tous les gens de metier. Le dé-sordre devint si grand dans Paris, qu’on y commettoit à chaque heure lesvols & les meurtres les plus insignes, L qu’on appréhenda un soulèvementgénéral, desorte que le Gouvernement fit entrer quelques corps de Trou-pes dans cette Capitale.
Ces malheurs publics ne ralentirent pas les animosités des Ecclésiastiques Affaires _les uns contre les autres, ni la persécution contre les Protestant, la feule Rccièfiastì-chose sur laquelle ces Meilleurs étoient d’accord. Le Roi pour plaire au ÎUes ‘
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