548 HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.
Section Clergé donna divers Edits cruels contre eux, dans l’un desquels on lui sicXXi - dire, qu’il étoit résolu de suivre le glorieux exemple de son bisayeul, enLoÍhs xv. exterminant l’hérésie dans son Royaume. Comme la Cour étoit détermi-jujqu’à pré- née en ce tems - là à forcer le Clergé d’accepter la Bulle Unigenitus, l'R.sent. vêque de Montpellier fut sévèrement puni du refus qu’il en fit.
M ~ ' Nonobstant toutes les miseres que les François fouffroient, l'amour
dultoí* fiu’ils portoient à leur jeune Roi les tenoit tranquilles ; mais tout le mondevoioit à regret la jeunesse ou pour mieux l’enfance de l’ínfante , & sou-dai toit de le voir marié à une Princesse en état de lui donner des enfans.On renvoya donc l’Infante, & le Roi déclara le dessein où il étoit d’é-poufer Marie Leczinski, fille du Roi Stanislas. Le Duc de Bourbonavoit projetté ce mariage , qui étoit préférable à des alliances beaucoupplus puissantes, parcequ’il comptoir que l’intérêt & la reconnoissance en-gageroient la jeune Reine à le favoriser lui & sa famille. II est certain quele Duc ne pouvoir faire un meilleur choix pour le bien de la France. La, Reine n’avoit aucune alliance avec les grandes Puissances de l’Europe,&par cette raison n’apportoit avec elle aucun intérêt étranger, qui pût don-ner lieu à des cabales & à des intrigues à la Cour, & d’ailleurs elle sedistinguoit par sa pieté, sa vertu & son bon caractère. Nous avons parléailleurs des Traités de Vienne & de Hanovre, qui suivirent ce mariage.’yíugmenta- Le parti que la Cour de France prit en ce tems-là dans toutes les affai-tìondesimites de ! Europe, & les subsides qu’elle payoit aux Puissances d’Italie, d’Al-pâts. lemagne & du Nord, obligèrent le Roi à augmenter les taxes fur ses peuples.
Dans le préambule des Déclarations publiées à cette occasion, on dit, quedans l’espace de sept ans, depuis 1716 jusqu’à 1723, 1 e Roi a gagné trois-cens cinquante trois millions de livres, en haussant la valeur des especes,& en les refondant,- que dans les années 1719 & 1720 il a gagné plus detrois millions de millions par les billets de la Banque Royale donnés par leGouvernement, fans qu’ils ayent été jamais acquittés ; que nonobstant cesimmenses profits, la Couronne étoit encore tellement endettée, qu’ellepayoit annuellement cinquante- un millions de livres d’intérêts, bien quel’intérêt ne fût qu’à deux pour cent. Quand ces Edits & d’autres de la mê-me nature furent portés le 8 de Juin 1725 au Parlement de Paris,il deman-da du tems pour en délibérer, tant à cause de leur grande importance, queparcequ’ils étoient fort longs. C’étoit-là une chose qu’on ne pouvoir ac-corder, & le Parlement, par ordre exprès du Roi, fut obligé de les enré-gistrer fur le champ. Ainsi tout ce que purent faire tous les Parlemensdu Royaume, ce fut de porter aux pieds du trône les plus touchantes Re-montrances fur la misere des peuples, qui fouffroient actuellement la fa-mine ; celles du Parlement de Bretagne étoient les plus hardies & les mieuxdressées.
Soulevé- La crainte d’une nombreuse Armée ne put empêcher la populace de^ uns ’ commettre des violences en divers endroits, surtout à Paris & à Rouen,le pain étant à huit & dix fols la livre, & les autres vivres à proportion.
En attendant Jes persécutions au sujet de la Bulle Unigenitus continuoient,la Cour étant résolue de la faire accepter dans tout le Royaume. Les Char-treux , qui refusèrent de la recevoir, se sauvèrent en Hollande. Quantité