HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. Si<?d’antres Ecclésiastiques furent emprisonnés , exilés & dépouillés pour le Sbctì onmême sujet; parmi les personnes qui furent persécutées, fut l’Abbesse de Xxi.Chelles, fille du feu Duc d’Orléans; bien loin de se soumettre à ce qn’on Regn . c deefigeoít, elle déclara qu’elle regardoit comme une œuvre méritoire de par- ^uis XVticiper aux souffrances de tant de saints personnages. v wésett
En Tannée 1726, pour des raisons rapportées dans THistoire d’fîspagne —
Louis XV. augmenta ses Troupes, congédia le Duc de Bourbon, â prit Di fg racelui-même les rênes du Gouvernement. On croît que la disgrâce'du Duc du Duc dtfut causée par le Parti Espagnol, qui ne pouvoit lui pardonner le renvoi Car£rFde 1 Infante; & l’on dit qu il avoit quelque chose dans ses maniérés qui dé- ducJdLiplaisoit au Roi, Peu de tems âpres, le Cardinal de Fleuri parut fur la soe- de âàne, en qualité de premier Ministre. II avoit été Précepteur du Roi Lpar son adresse douce L insinuante, il avoit gagné le cœur de ce Prince 8 cavoit tout pouvoir fur lui. II n'avoit pas même les connoissances nécessai-res pour fa profession d’Eccléfiastique, mais fa conduite décente & soncaractère en apparence ouvert, donna au Public une opinion avantageusede fa capacité & de fa vertu, peut-être fort au dessus de celle qu o sl endevoit avoir. II avoit assez d’efprit pour connoitre Tafcendant qu’il avoitfur Tesprit du Roi son Eleve, que son propre génie le rendoit plus propreau Ministère pendant la paix, qu’en tems de guerre, & il eut l’art de per-suader tour à tour à tous les Ministres étrangers, qu’il étoit dans leurs in-térêts. Avec toute la modération qu’il affectoit, il est certain que dans lecœur il étoit animé d’un zele violent en matière de Religion. Une des pre-mieres actions de son Ministère fut d’engager le Roi de publier une Décla-ration, par laquelle il ordonnoic l’acceptacion de la Bulle Unigenitus dans 'tout le Royaume, tant par les Ecclésiastiques que par les Laïques. Nousavons déja dans I Histoire d Espagne rapporté ce qui donna lieu à l’alliancepeu naturelle entre la France (St la Grande Bretagne, & ce oui précédales Congrès de Cambrai & de Soissons.
Jamais le Cardinal ne parut avec plus de gloire que dans ces deux en-droits , qu n avoit lui-meme designés, & où il étoit toujours si près de lapersonne de son Maître, qu’il ne couroit pas risque de Je laisser trop long.tems entre les mains ou sous la direction d’autres Ministres. Le 17 d’Août1727 on chanta le Te Deum à Paris pour la naissance de deux Princesses,ce qui trompa fort les, espérances des François. Le Roi lui-même dans laLettre qu’il écrivit à TArchevêque de Paris à ce sujet, lui ordonna de fairedes prières, pour qu’il plût à Dieu de lui accorder un Dauphin. Le 28 deJuillet de Tannée suivante, Tattente des François fut encore trompée laReine étant accouchée aufïì d’une Princesse. Cela lui sir faire une sasem-nelle & singulière procession à Notre-Dame, pour demander à Dieu qu’elleput être enceinte d’un Dauphin. Quelques jours après le Roi fut attaquéde la petite-verole, mais il l’eut si heureusement, qu’il parut en 'public aucommencement d u mois de Novembre. L’Hiver fut si rude cette annéeque le Roi sot obligé non seulement de remettre la taille à ses peuples, maisencore de distribuer des sommes considérables pour les soulager - exempleque la plus grande partie de la Noblesse suivit. ’
Malgré ces malheurs publics, la fureur des disputes de religion scmbloit Dîjputesàe
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