55 © HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.
Section aller en augmentant, & les divisions entre les Jansénistes ôc les JésuitesXXI. étoient plus grandes que jamais. Pendant bien du tems, il fut difficile dedécider quel des deux Partis étoic le plus ardent à faire des prosélytes; les• * Farlemens & les Tribunaux Laïques en général étoient pour les Jansénistes,
présent. principalement parceque ceux-ci étoient contre le Pape. On convient néan-
-— moins que les Jésuites étoient les plus habiles à faire des conversions, íur-
religion. tout parmi les femmes, qu’ils portoient quelquefois jusqu’au fanatisme,pourréuffir dans leurs infâmes desseins. Pendant ce tems-là , le Ministère deFrance, profitant des divisions qu’il y avoit dans le Parlement d’Angleterre,fesoit réparer & fortifier le Port de Dunquerque, contre la foi des Traitésles plus solemnels & de celui d’Utrecht en particulier.
Stanislas La mort d’Auguste Roi de Pologne, arrivée en 1733 , obligea le Car-élu Roi de dinal de Fleuri de 8 'écarter de son Système pacifique. 11 ne pouvoit, sansPologne. s e faire tort, refuser d’entrer dans les mesures qu’on prit pour rétablir fur
1733- le trône le pere de la Reine, contre l’Electeur de Saxe fils du feu Roi, qui
se mit auffi au nombre des candidats, & dont l’Empereur, l’Impératricede Ruísie & le Roi de Prusse épousèrent les intérêts. Le Marquis de Mon-te, Ambassadeur de France à Varsovie, eut l’adresse d’engager dans lesintérêts de Stanislas, le Primat, & les Dietines Catholiques les plus zé-lées. Stanislas traversa l'Allemagne déguisé & se rendit à Varsovie. IIdemeura quelques jours caché chez f Ambassadeur de France , ík quandil se montra en public il fut reçu avec de grandes acclamations de joie.Comme les Troupes Ruísiennes s’avançoient à grandes journées vers. Varsovie , le Primat crut ne devoir pas perdre de tems , après avoirrecueilli les suffrages, il déclara Stanislas légitimement élu. Tous lesPalatins, qui étoient dans les intérêts de TElecteur de Saxe, protestè-rent contre cette élection & quittèrent la Diette. Dans ces entrefaitesl’Empereur aiant assemblé une Armée en Silesie, le Duc de Benvick, lemeilleur Général de France, eut ordre d’en former une fur le Rhin, &rì’entrer en Allemagne, aussitôt que les Impériaux marcheroient du côtéde Pologne. Mais le Roi Stanislas n’avoit rien à craindre de ce côté-lá.Lasci, Général de Russie, étcit entré en Pologne à la tête de cinquantemille hommes, & aiant été joint par les Polonois, partisans de l’Electeurde Saxe , ils le proclamèrent Roi, passerent la Vistule & marchèrentdroit à Varsovie. Stanislas n’étoit pas en état de faire tête à une auffinombreuse Armée, les Russes se rendirent bientôt maîtres de Varsovie,& ce Prince avec le Primat & quelques amis se retira à Dantzick. Celadonna lieu â un Traité entre la France,l’Espagne & le Roi de Sardaigne;le Duc de Berwick passa le Rhin, prit le Fort de Kehl, & finit par là lacampagne , car il revint immédiatement après à Paris.
Il perd cette conduite de la France, pendant cette campagne, fit douter si Is
Couronne. Roi -Très Chrétien & ses Ministres, agissoïent de bonne foi en faveur de1734* Stanislas, & l’événement fit voir qu’ils ne le firent point. Louis XV. nelaissa pas de déclarer Tannée suivante, qu’il vouioit se mettre lui-même à latète de son Armée; mais en même tems il souffrit que Dantzick tombâtentre les mains des Russes & des Saxons ; son beaupere se sauva en habitde Paysan,après avoir souffert tout ce que l’on peuc souffrir. Sur le Rhin,