HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.
îes François prirent Traerbach-, fous la conduite du Comte , depuis le fa- Sectiojïmeux Duc de Belisle ; le Duc de Berwick assiégea Philipsbourg avec foi-Xante mille hommes, & il fut tué d’un coup de canon, en visitant la tran- Louis xvchée. Le Marquis d'Asfeld lui succéda dans le commandement de Y Armée, jusqu’àtandis que le Prince Eugene, qui commandoit les Impériaux, fut si mal présent.soutenu par la Cour de Vienne, qu’il fut oblige de demeurer oisif, dans "
son camp fortifié de Heilbron. Nous avons parlé en d’autres endroits decette Histoire, des autres opérations des François en ce tems-là en diffé-rentes parties de l’Europe. Leur Armée occupa les deux bords du Rhin,fans être inquiettée par les Impériaux, le Prince Eugene n’osant les atta-quer, & la campagne finit vers le commencement d’Octobre.
L’Hiver de cette année,la Grande Bretagne fut insultée par une des plusextraordinaires ordonnances qui eût jamais été publiée , on ordonna àtous les Anglois, qui n’avoient point d’emploi, de sortir incessamment deFrance, fous peine d etre envoyés aux Galères. Cet Edit fut exécuté avectant de rigueur, qu’en peu de jours les prisons de Paris furent rempliesd’Anglois, qui fe trouvèrent fans secours & fans ressource. Le Comte deWaldegrave Ambassadeur d’Angleterre à Paris agit si vigoureusement con-tre cette proscription inouie, qu’il obtint une explication de l’Ordonnance,qui la restreignoit aux Vagabonds qui n’avoient point de profession poursubsister, sans qu’elle s’étendît aux Seigneurs ou Gentilshommes qui voya-geoient, ni à des personnes qui avoient du bien, non plus qu’à leurs do-mestiques.
La Cour de France, maîtresse fur le Rhin, vit avec la plus grande m- Paix entredifférence la ruine du Parti de Stanislas en Pologne. Mais fímpératrice de ì í^ e l eurRussie aiant donné ordre à trente mille hommes de marcher au secours de aFra n*l’Empereur , les Ministres de France offrirent d’entrer en négociation '1735,pour le rétablissement de la paix en Allemagne. Les Articles prélimi-naires furent signés fans le concours d’aucuns des Alliés des deux Par-ties. ,Par ces Articles, qui furent ensuite convertis en Traité, le Duc deLorraine eut la succession éventuelle de la Toscane, & quand le cas exi-steroit, le Roi Stanislas devoit avoir la Lorraine, qui après ía mort dévoieêtre réunie à perpétuité à la Couronne de France. Celle-ci s’engagea à res-tituer les Places qu’elle avoit conquises en Allemagne & à garantir la Prag-matique Saiíction. Nous avons parlé ailleurs des autres Articles de ceTraité ; nous ne répéterons pas non pins des particularités déja rapportées,ou qui trouveront plus naturellement leur place en d’autres endroits de no-tre Histoire.
La mort de l'Empereur Charles VI. ouvroît un nouveau théâtre à l’am- Mort debidon des François, qui rompirent leur Traité de garantie de la Pragma- cf"TJv\tique Sanction, & déclarèrent le dessein qu’ils avoient de mettre fur le 1740. ’trône de i’Empire l'Electeur de Bavière, qui n’avoit ni le pouvoir ni la vo-lonté de s’opposer à leur puissance. Cela n’empêcha point que l’Ambassadeurde France ne fît de grandes protestations à la Reins de Hongrie, tandisque le Comte de Belle-Isis travailla, à la faveur des grosses sommes qu’onlui fournit fous main, de «assurer des voix des Electeurs en faveur du Ducde Bavierej ce Prince fut déclaré Généralissime de vingt-cinq mille hom-