HISTOIRE DE FRANCE Liv. XXIII. 553rîque, & cela l’entraina à prendre part à cette guerre, surtout après ía à-rro»mort du Cardinal de Fleuri. II est certain qu’en ce tems-là , non feule XXF.ment la Cour , mais auífi le peuple étoit dans un triste état, mais les ^” e ^ressources étonnantes que la France a chez elle, «3c le zele que les peu- •pies ont pour la gloire de leur Roi, firent surmonter 3 la Cour toutes préjent.les difficultés au dedans, quelques malheureuses que fussent fes armes au 'dehors. Les François a voient été chassés d’Allemagne , après y avoir l> -dngleter'perdu un monde prodigieux; leurs intrigues n’avoient pas réussi , quel* rs 'ques uns de leurs Alliés les avoient abandonnés, & ils payoient des fubíi*des immenses à d’autres. Leurs préparatifs ne laissèrent pas de conti-nuer & au commencement de l’année 1744 . étant déterminés de fejoindre à l’Efpagne contre la Grande Bretagne, ils eurent une puissanteFlotte en mer, <& leurs Armées en Flandres, fur le Rhin «Sc fur la Mo-selle fefoient deux-cens trente mille hommes. Ce fut vers ce tems-làque la Cour de France forma un projet, qui parut ridicule alors, maisqui ne devint que trop sérieux dans la fuite, c’étoit de mettre le Pré-tendant fur le trône de la Grande Bretagne. Ce qui y encouragea laFrance, c étoit que le Roi d’Angleterre étoit obligé d’avoir une grandeArmée dans le Continent , que les Catholiques Anglois & Irlandois enFrance fefoient courir le bruit, qu’il n’y avoit que peu de Troupes ré-gulières dans la Grande Bretagne, «L surtout ce que mandoient fes émissai-res à Londres, que la Nation étoit peu affectionnée à la Maison de Hano-vre depuis la bataille de Dettingue, & qu’il y avoit de grandes divisionsdans le Parlement.
Tels furent les motifs qui porterent la Cour de France à reprendre fesancknnes maximes, «St à fe servir de la Maison de Stuart dans fes démê-lés avec la Grande Bretagne. Le Cardinal deTencin, qui étoit redeva-ble de son chapeau rouge au vieux Prétendant, avoit succédé en grandepartie au crédit du Cardinal de Fleuri, il épousa avec feu le système dontil s’agit, & y fit entrer le Roi. 11 entra en correspondance avec le vieuxPrétendant à Rome; comme il n’étoit pas en état de s’engager luí-mêmedans une pareille entreprise, on lui persuada, contre son propre senti-ment, de preter pour ainsi dire, Charles son fils aîné à la France. Versla fin de Décembre 1743 le jeune Prince partit de Rome, déguisé en Cou-rier d’Espagne. Le Cardinal Aquaviva lui aiant fourni des passeports, ilfe rendit par la Toscane à Genes, delà à Savone où il s embarqua pourAmibes; étant arrivé à Paris, il eut du Roi une audience sécrété, danslaquelle, selon toutes les apparences on prit les mesures pour l’exécutionde l’entrepriíë. Tout cela re fe fit pas fi secrètement, que M. lhomson,Résident d‘Angleterre à Pans, n’en eût conn<aisance. II présenta des Mé-moires très-forts contre une infraction auífi criante des Traités, que l’étoitla réception du fils du Prétendant, itquel éioit alors parti pour la Picardie.Les François s'etoient trop animés pour dissimuler,& ils n’avoient presquepas la peine de désavouer lc dessein où ils étoient de déclarer la guerre àla Grande Bretagne.
La Cour de Versailles s’intéressoit fi fort au succès de cette expédition,qu’on en confia le commandement au Comte de Saxe & à M. de RoqueTome XXXI. Aaaa
Le jeunePrétendait»]envoyé pourenvahirl’Angleter-re.
1744 .
La Flottede Francemet en mer.